« C’est pourquoi nous ne perdons pas courage »

Par David Brown, président de l’AGBUF.

Envie de jeter l’éponge ? David Brown nous fait découvrir trois bonnes raisons de ne pas baisser les bras dans la vie et le service chrétien

Selon 2 Cor 2v14-16, notre vie est un témoignage par rapport au choix radical que Dieu donne aux humains : la vie ou la mort. Mais Paul ajoute (v16) : « Qui est suffisant pour ces choses ? ». Qui est à la hauteur ? Il n’est pas étonnant que le découragement nous guette, tant le décalage est grand entre notre vocation en tant que chrétiens …. et notre vécu.

Or, à trois reprises dans 2 Corinthiens, Paul aborde cette question en donnant trois bonnes raisons pour garder courage : chapitre 4 verset 1, chapitre 4 verset 16 et chapitre 5 verset 6. Et chaque fois nous lisons « c’est pourquoi » ou « donc ». Par conséquent il va falloir lire le texte qui précède pour comprendre la pensée de l’apôtre !

 « Ayant ce ministère, nous ne perdons pas courage » (2 Cor 4 v1)

Mais quel ministère ? Il faut remonter jusqu’au chapitre 3 verset 6 pour trouver mention de ce ministère : « il nous a rendus capables d’être ministres d’une nouvelle alliance ».

Cette nouvelle alliance, annoncée par le prophète Jérémie, nous permet de vraiment connaître Dieu car l’Éternel promet : « je pardonnerai leur iniquité et je ne me souviendrai plus de leur péché » (Jérémie 31.34). Jésus l’évoque au cours de son dernier repas avec ses disciples, juste avant sa mort : « Ceci est mon corps qui est donné pour vous … Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang qui est répandu pour vous ». (Luc 22 v19-20). Les disciples ont dû être fort étonnés car ils connaissaient par cœur les paroles traditionnelles prononcées au moment du repas de la Pâque, paroles transmises de génération en génération en souvenir du miracle de l’Exode. Et voilà que Jésus ose affirmer autre chose. « Non, Seigneur, ce n’est pas cela que l’on dit » avaient-ils certainement envie de lui murmurer !

Mais Jésus savait que l’ancienne alliance était invivable :

– la loi (les 10 commandements et les autres règles rituelles et éthiques) était un carcan répressif, un fardeau qui pesait sur ceux qui voulaient plaire à Dieu

– les sacrifices n’accordaient que la pureté rituelle. Comme si de nos jours le fait d’égorger un agneau permet au pasteur d’affirmer : « Maintenant tu es assez pur pour assister au culte dimanche ». Mais cela n’apporte pas la véritable paix au niveau de notre conscience.

La nouvelle alliance dont nous sommes ministres, c’est la relation avec Dieu, par l’Esprit qui donne la vie (2 Cor 3v6), elle est permanente (même éternelle !) et glorieuse (v11), et elle transforme des vies (v18).

Nous ne perdons pas courage car nous vivons la nouvelle alliance.

 « C’est pourquoi nous ne perdons pas courage » (2 Cor 4 v16)

Le trésor de l’évangile est immense ! « La splendeur de l’Évangile de la gloire de Christ » (2 Cor 4.4) et « la connaissance de la gloire de Dieu » (verset 6). Cependant « nous portons ce trésor dans des vases de terre » (v7). Oui, le trésor est immense, mais nous sommes des êtres fragiles (« des vases faits d’argile » selon la version du Semeur). Il y a un grand décalage entre la gloire de l’Évangile et ce que nous sommes. Mais voici la libération qu’offre l’évangile afin de ne pas perdre courage : je n’ai pas besoin d’impressionner les autres pour les convaincre de croire. Je ne suis pas obligé d’être un commercial de l’évangile. Je peux accepter d’être ce que je suis.

Deux conséquences découlent de ce soulagement.

D’abord, on peut se concentrer sur l’essentiel : « Nous ne nous prêchons pas nous-mêmes ; c’est Jésus-Christ le Seigneur que nous prêchons » (verset 5). L’évangélisation, c’est parler en bien de Jésus, c’est raconter l’histoire de Jésus, c’est expliquer ce qu’il a fait pour nous.

Mais la deuxième conséquence est tout aussi radicale : nous refusons toute technique, toute « manipulation mentale » pour persuader les gens ! « Nous rejetons les intrigues et les procédés indignes. Nous ne recourons pas à la ruse, et nous ne falsifions pas la Parole de Dieu » (2 Cor 4.2 version du Semeur). Nous devons dire la vérité, ni plus ni moins. Mais malgré cela l’Évangile progresse, selon 2 Cor 4 v15, qui souligne que la grâce se multiplie à la gloire de Dieu. Notre motivation, c’est qu’il y ait de plus en plus de personnes qui rendent gloire à Dieu, sur la terre et pour l’éternité.

Nous ne perdons pas courage car nous vivons avec une nouvelle lucidité sur nous- mêmes.

 « Nous sommes donc toujours pleins de confiance » (2 Cor 5 v6)

L’apôtre Paul regarde la réalité en face – ce que peu de nos contemporains osent faire réellement – et il trouve que l’évangile apporte un réel encouragement !

Nous pouvons regarder la vie en face (2 Cor 4v16)

« Même si notre homme extérieur se détruit, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour ». Que de craintes face au vieillissement ! Que d’argent dépensé pour limiter les rides. Mais l’important est ailleurs, le vrai moi-même, mon caractère, ma personne qui vivra au-delà de la mort grâce au salut en Jésus-Christ.

Nous pouvons regarder nos difficultés en face (v17-18a)

Ici Paul utilise l’image de la balance à l’ancienne avec deux plateaux. À la différence des balances numériques que l’on utilise au supermarché, le commerçant met des carottes, par exemple, sur un des plateaux et des poids sur l’autre pour déterminer le poids et donc le prix des légumes. Or Paul met ses afflictions sur un des plateaux et les trouve « légères » (même si 2 Cor 11 v24- 29 pourrait nous faire croire le contraire). Mais pourquoi les trouve-t-il légères ? Tout simplement parce que sur l’autre plateau il y a quelque chose qui pèse très lourd – « un poids éternel de gloire » !

Nous pouvons regarder la mort en face (4v18b – 5 v1-8)

Quoi qu’il arrive sur cette terre, quelque chose de mieux nous attend : nous serons avec le Seigneur (2 Cor v8) pour l’éternité. La mort n’est pas la fin pour le chrétien, mais un passage vers la vraie vie.

→ Nous ne perdons pas courage car nous vivons avec cette nouvelle perspective sur les difficultés de la vie et sur la mort.

La nouvelle alliance, une nouvelle lucidité, une nouvelle perspective – voilà de quoi nous amener à ne pas perdre courage à notre tour aujourd’hui, tout comme notre frère Paul il y a 20 siècles. Dieu n’a pas changé. L’Évangile n’a pas changé.

 

 

 

 

 

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