Top 5 des personnages liés à Noël

Pendant la période de Noël, il y a les stars, ceux dont on parle tout le temps comme Jésus et Marie. Et puis il y a ceux qui ont été plus discrets mais tout de même importants. Gros plan sur ces seconds rôles qui peuvent tellement nous apprendre.

 

  • n°4 ex æquo. Siméon et Anne : les anonymes  (Luc 2.25-38)

Siméon et Anne ne se connaissent peut-être pas mais ils sont liés par la même attente et, au bout du compte, par la même joie. Tous deux espèrent ardemment la libération d’Israël, c’est à dire la venue du Messie. Tous deux sont vieux mais n’ont pas vécu l’attente de la même manière : Siméon a eu, grâce au Saint Esprit, la conviction qu’il ne mourrait pas avant d’avoir vu l’envoyé spécial du Seigneur ; Anne quant à elle est veuve depuis longtemps et a décidé de consacrer tout son temps à prier et à jeûner dans le temple de Jérusalem pour “hâter” la venue du Messie. Soudain, lorsque Marie et Joseph arrivent au temple pour effectuer les sacrifices réglementaires après la naissance d’un bébé, tout s’enchaîne : Siméon est appelé par l’Esprit à se rendre sur les lieux et à s’émerveiller de vivre l’accomplissement de la promesse ; Anne est déjà là et quand elle entend Siméon qui parle aux parents de Jésus elle comprend à son tour qu’elle est en train d’assister au jour J (comme Jésus bien sûr). Siméon a pour fonction de révéler (et confirmer) à Joseph et Marie le destin extraordinaire de leur enfant, Anne est là pour interpeller les fidèles venus adorer Dieu afin qu’ils le louent pour son intervention capitale dans l’Histoire.

Dieu se sert aussi d’anonymes, de gens normaux et discrets pour se révéler et cela doit nous encourager. Mais n’oublions pas leurs caractéristiques : parce qu’ils sont conscients du délabrement spirituel de leur peuple, ils attentent que Dieu agisse et donc ils l’écoutent, ils “recherchent sa face” bref, ils méditent sa Parole et ils prient. Observons aussi les deux réactions “naturelles” qui sont les leurs quand ils voient le Seigneur à l’œuvre : ils s’émerveillent et ils parlent. Comprendre ce que Dieu a fait, s’en réjouir, intercéder pour qu’il agisse, témoigner de son action auprès de tous : c’est aussi la mission des chrétiens. Mais pour y arriver il faut faire preuve de patience et de persévérance… comme Anne et Siméon.

  • n°3. Zacharie, l’insoumis… soumis ! (Luc 5.1-23)

Zacharie est prêtre, sa vocation est d’être au service du culte à l’Éternel. Nous faisons sa connaissance alors qu’il a l’honneur suprême, unique, d’entrer dans le lieu saint du temple pour y offrir l’encens qui symbolise les prières du peuple montant vers Dieu. C’est alors… qu’il fait preuve d’incrédulité face à un ange ! Il est très intéressant que, parmi tous les protagonistes de la période de Noël, ce soit le plus saint, le seul qui ne soit pas quelqu’un de “normal”, qui ait le plus de doutes. Il est aussi très piquant de voir que lui, le garant du respect de la Torah, l’irréprochable observateur de la loi (v.6), refuse de croire à une promesse qui ressemble fortement à celle d’Abraham, le père fondateur de la foi de son peuple ! Et c’est sûrement parce que Zacharie aurait dû, plus que toute autre personne, avoir la bonne réaction devant l’ange que celui-ci le châtie. Être au service du Seigneur est synonyme de plus grand honneur mais aussi de plus grande responsabilité.

Quel semble être le problème fondamental du très fidèle Zacharie ? Il accomplit scrupuleusement son travail mais ne s’attend plus à Dieu. Il fait une séparation entre le sacerdoce et sa vie personnelle, entre l’histoire d’Israël et son histoire familiale. Pourtant, l’ange lui annonce que la seconde va servir la première et que, même si à son âge il n’espérait plus grand chose, Dieu avait encore de merveilleux projets pour lui… et les autres Juifs.

L’histoire de Zacharie nous pose la question de notre foi en Dieu. Pas la foi théorique mais la foi pratique, celle qui nous engage et qui bouscule notre quotidien. Nous attendons-nous toujours à Dieu ou bien nous sommes-nous “fait une raison” comme si Dieu s’occupait uniquement de son “Grand plan” mais pas de ses “petits serviteurs” ? Nous devons reconnaître que notre humilité peut aboutir à une certaine incrédulité et que nos manques nous paraissent parfois préférables à des dons de Dieu qui seraient beaucoup trop encombrants, bouleversant notre quotidien bien huilé.

Alors, êtes-vous prêts à ce que Dieu fasse une incursion dans votre vie pour votre bien et celui de son Royaume ? C’est finalement ça la définition de Noël.

  • n°2. Élisabeth : la désespérée comblée (Luc 1.24-25, 39-45, 57-61)

Elle est la femme du prêtre Zacharie et descendante de Grand-Prêtre donc logiquement, elle devrait être bénie par l’Éternel. Malheureusement elle est stérile. Elle est vieille et a donc dû se faire à la honte d’être “anormale”, de ne pas avoir pu donner une descendance à son mari. Et si elle était un peu le symbole d’Israël qui aurait dû produire des fruits mais est resté stérile ? Heureusement, Dieu a fait d’une pierre deux coups en intervenant à la fois pour son peuple et pour Élisabeth avec la conception de Jean-Baptiste, le prophète qui intronisera le Messie. Même à son âge, il y avait encore des choses extraordinaires à vivre : un grossesse miraculeuse, une communication intra-utérine entre son bébé et celui de Marie ou encore des paroles prononcées inspirées par l’Esprit. Ces expériences l’ont faite passer de la honte à l’assurance. Cela se voit particulièrement bien quand il s’agit de donner un nom au nouveau-né : alors que la pression sociale voulait imposer “Zacharie junior”, elle tient tête à tout le monde en voulant l’appeler Jean, conformément aux instructions de l’ange. Élisabeth était à contre-courant parce qu’elle était stérile (et maudite selon la société) maintenant elle est à contre-courant parce qu’elle est bénie et veut faire la volonté de Dieu. Dans les deux cas la position est délicate mais dans le second, Élisabeth est heureuse parce que Dieu est intervenu en sa faveur.

Appartenir à Dieu est quelque chose de merveilleux mais cela implique aussi de se démarquer du reste de la société. Au lieu de se conformer au monde présent il faut se laisser transformer par le Saint Esprit… et être anormal. Mais peut-être qu’il est plus facile de se démarquer quand on est vieux et désabusé comme Élisabeth. Quand on est jeune, on est encore naïf, les illusions de ce monde n’ont pas encore apporté leur lot de déceptions. Finalement, l’Évangile du Seigneur Jésus n’est une bonne nouvelle que pour ceux qui en ont besoin. Et quand on la comprend, quand elle nous saisit, tout pâlit à côté d’elle. Alors le regard étonné ou inquisiteur des autres, à côté d’elle, n’est qu’une piqûre de moustique !

  • n°1. Joseph, l’homme de confiance (Matthieu 1.18-25-2.13-22)

Quand on dit que Marie a été éblouissante d’obéissance, on a raison. Mais il faut s’empresser d’ajouter qu’elle était fiancée à un mec qui lui facilitait grandement la tâche. On le voit même avant toute apparition angélique : Joseph est quelqu’un de bon qui cherche à faire ce qui est juste. Il ne veut pas faire payer Marie pour cette grossesse suspecte mais choisit de rompre secrètement. Puis, les 4 fois où un ange lui parle quand il dort, il obéit sans discuter même si cela signifie se marier plus vite que prévu, avoir un enfant très spécial et fuir au loin (en Égypte puis en Galilée dans la famille de Marie) pour lui sauver la vie. En cela, il accomplit les prophéties. Marie a donc l’allié idéal pour remplir sa mission très très spéciale ; elle peut bénir Dieu de ne pas avoir eu un homme du même genre que Zacharie !

Voulez-vous être des justes, des faiseurs d’Histoire, des soutiens actifs comme Joseph ? Pour l’être, pas besoin d’attendre une apparition angélique : le message biblique vous suffit pour connaître votre mission générale. Pour votre mission particulière, il y a aussi dans la Bible des éléments qui peuvent vous aider à y voir plus clair : votre personnalité, vos dons, vos aspirations/rêves, ce que les frères et sœurs avisés disent de vous, les opportunités qui s’offrent à vous sont autant d’indices qui vous aiguillent pour peu que vous vous méfiiez du Péché qui pourrait les polluer. Mais même si nous ne sommes pas à l’abri de nous faire des illusions/erreurs, je suis sûr que la volonté primordiale d’être juste, de faire la volonté de Dieu, peut nous garder de nous fourvoyer complètement. Je pense sérieusement que, si notre “obsession” est de faire avancer le Royaume, nous avons plus de chances de passer à côté de la volonté de Dieu en ne faisant rien, qu’en essayant des choses et voir si le résultat est à Sa gloire.

 

 

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