Libéré… ou pas : Luc 11.24-26

Être libéré par le Seigneur ne veut pas forcément dire Lui appartenir. C’est cette réalité troublante que Jésus va décrire avec l’incroyable histoire d’un démon qui est expulsé du corps d’un homme… pour y retourner avec 7 de ses potes.

(Ce message a été enregistré lors d’un culte dans une assemblée protestante évangélique)

Libéré… ou pas : Luc 11.24-26

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Jésus vient de libérer un démonisé et on l’accuse aussitôt de faire cela au nom du diable. Après avoir démontré que ce n’était pas possible et qu’il fallait comprendre qu’il était le signe que le Royaume de Dieu était en train de s’imposer, il finit par une petite parabole :

Lc 11.24 – Lorsqu’un esprit mauvais est sorti de quelqu’un, il erre çà et là dans des lieux déserts, à la recherche d’un lieu de repos, et il n’en trouve pas. Alors il se dit : « Il vaut mieux regagner la demeure que j’ai quittée ! » 25 Il y retourne donc et la trouve balayée et mise en ordre. 26 Alors il va chercher sept autres esprits, encore plus méchants que lui, et les ramène avec lui ; ils envahissent la demeure et s’y installent. Finalement, la condition de cet homme est pire qu’avant.

Le but de Jésus n’est pas de nous raconter les péripéties d’un esprit démoniaque sans domicile fixe ou de faire des révélations croustillantes avec une dissection spirituelle de l’âme d’un ex-démonisé. Il veut que son auditoire comprenne que face à Lui, c’est à dire quand on entend ses enseignements ou quand on voit ses miracles, on ne peut pas rester neutre. C’est une guerre spirituelle qu’Il est en train de mener, donc soit on est avec Lui soit on appartient aux ténèbres. Mais il y a 2 détails de cette parabole sur lesquels j’aimerais appuyer :

  1. Il y a une période de “flou spirituel” entre la délivrance opérée par Jésus et la prise de décision durable de la personne, c’est à dire que le démon est réellement parti mais personne n’a pris sa place !
  2. On peut avoir été libéré par le Seigneur mais ne pas Lui appartenir au final… car le Saint Esprit n’a pas pris Sa place. Et donc la situation finale sera encore pire.

Il existe de nombreux exemples bibliques de cette réalité : Cham (fils de Noé) qui est sauvé mais qui commet un acte infâme, la femme de Loth qui est sauvée mais qui regarde en arrière et se transforme en statue de sel, les hébreux qui sont sauvés mais qui se fabriquent un veau d’or, les 9 lépreux guéris par Jésus mais qui ne reviennent pas le voir (à la différence du samaritain) ou encore ces “chrétiens” dont parle Pierre qui sont comparables à “un chien qui retourne à son vomi” (2P2.20-22).

  • “De mon expérience aux USA, dans 10 ans, la moité d’entre vous ne seront plus chrétiens” déclarait Scott au Comité Exécutif Étudiant avant de quitter définitivement la France. Cette réalité est difficile à entendre mais après bientôt 15 ans de GBU j’ai déjà vu pas mal d’ex-GBUssiens “abandonner la foi” pour des causes diverses (conjoint non chrétien, échecs de vie, vice caché avant mais assumé maintenant, pas d’église assez bonne pour eux, etc.) alors qu’ils avaient été très engagés pendant leurs années étudiantes. Ce que je trouve hallucinant c’est le “talent” avec lequel ils ont donné le change en faisant croire (sûrement parce qu’ils le croyaient eux-mêmes) qu’ils étaient disciples de Jésus ainsi que la durée du subterfuge/quiproquo. Pendant ce temps, je pense qu’ils ont bénéficié des bienfaits d’être dans l’entourage de Jésus comme tous les suiveurs de Jean 6 pour en fin de comptes le lâcher parce que l’Esprit ne leur a pas donné la vie (v.63) et le Père ne les a pas attirés (v.65). C’est l’histoire du grain qui tombe dans le sol pierreux ou les ronces de Mt 13. Dans tous ces cas on a l’impression que l’illusion ne dure pas longtemps, sauf l’expérience nous dit que si. Il suffit d’imiter les véritables disciples, il suffit que personne ne pose trop de questions sur la profondeur/progression de la foi et qu’aucune idéologie/idole concurrente ne fasse trop de concurrence. Mais, tout de même, on reconnaît un arbre à ses fruits… alors quand il n’y a pas de fruit ça veut dire certaines choses.
  • La France a bénéficié de la libération opérée par le christianisme. Même si celui-ci a été imposé à la population, même s’il n’a pas éradiqué l’idolâtrie ancienne, il a tout de même assaini les modes de vie, supplanté le paganisme et donné une morale très bonne. Je ne suis pas naïf et je sais que l’Évangile véhiculé était souvent frelaté, empêchant la population de vraiment connaître Jésus. Bref, la culture chrétienne qui ne sauve pas mais qui préserve a eu cours jusque dans les années 60 pour doucement disparaître. Les conséquences aujourd’hui ? Des gens qui recherchent la transcendance dans des sectes ou le Djihad, des spiritualités athées, des idolâtries matérielles. Après on s’étonne que des personnes intégrées, civilisées, cultivées sombrent dans la violence et l’irrationnel mais que leur reste-t-il d’autre quand vous sapez les fondements chrétiens de la société pour les remplacer par un humanisme lénifiant ? L’humanisme et sa laïcité prétend être neutre mais comme cette neutralité n’existe pas il ne fait que laisser une place bien nette aux idéologies les plus extrêmes parce que, elles, elles donnent du sens à la vie. Pourtant il prétend libérer les gens de l’obscurantisme, de l’extrémisme, du Mal en général… et en cela il est concurrent du christianisme. Mais c’est méconnaître la force du Péché qui n’est efficacement combattu que par la foi en Jésus et l’action du Saint Esprit.
  • Quel Évangile annonçons/vivons-nous ? Ce n’est pas une expérience spirituelle qui fait un chrétien mais une régénération en profondeur et sur la durée. Je ne dis pas ça pour mettre le doute… mais il est bon de ne pas se contenter du superficiel. L’Évangile n’est pas là pour rendre les gens gentils ou modérés mais pour les sauver. L’Évangile rend bien sûr gentil… mais il y a plein d’autre personnes pas chrétiennes qui le sont également ! L’Évangile est explosif, il pousse à être (positivement) radical, à ne pas faire de compromis, à CHANGER tous les jours en étant remis en question. N’oublions pas que Jésus utilise souvent un vocabulaire violent, un vocabulaire de guerre pour décrire la vie de ses disciples. Je pense que si nous l’imitions un peu, si nous posions plus souvent des questions qui dérangent, nous éviterions pas mal de malentendus quant à l’état spirituel réel de nombre de « chrétiens passifs ». Car quand on connait les codes, il est très facile de paraître converti (et d’en être soi-même persuadé). C’est pour cela qu’il faut des moments de vérité où l’on est obligé de montrer son vrai fond. Bref, l’Église doit conserver un discours révolutionnaire !
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