La structure concentrique de Matthieu 18

Grâce à cet article, vous savez maintenant ce qu’est une structure concentrique (ou chiasme). Aujourd’hui, nous vous proposons d’en repérer une dans un chapitre connu de l’évangile de Matthieu. Mais existe-t-elle vraiment ou n’est-elle que  le fruit de notre imagination ?

Matthieu 18 est un chapitre bizarre car il est composé de deux parties bien distinctes qui abordent deux sujets totalement différents : le soin à apporter aux petits  d’une part et le pardon d’autre part. Pourquoi l’évangéliste aurait-il mis bout à bout deux parties qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre ? En y regardant de plus près, on peut apercevoir des similitudes structurelles et on peut finalement déceler une structure en miroir comme celle-ci :

 

Les élément les plus évidents à repérer sont C-C’ et D-D’ :

 

Quel est l’intérêt de cette structure ?

Certains seraient tentés d’interpréter la seconde partie du chapitre concernant le pardon comme un manuel de discipline froide qui exclut les personnes. Or, ici on constate que l’enjeu principal c’est de trouver et gagner la brebis perdue. Mais qui est-elle alors ? La personne qui ne veut pas demander pardon ou celle qui ne veut pas pardonner. Ceux qu’on considèrerait comme des coupables sont en fait des faibles qu’ils faut faire revenir par le moyen du règlement des causes du conflit (D’), de la prière (C’) et fondamentalement du rappel de l’Évangile (A’) que les 12 n’ont pas encore tout à fait compris (B-B’) ! Si on n’applique pas ces préconisations du Seigneur, les brebis restent perdues (même si elles restent physiquement dans le troupeau) et l’Église est en danger d’éclatement.

Il est normal que des chrétiens soient gênés pas le fait d’exclure des membres d’Église au motif d’un problème de pardon (non demandé ou non accordé) mais, à la lumière de ce passage, ne pas vouloir aller jusqu’au bout du processus c’est finalement de la non assistance à personne en danger. Car il vaut mieux être exclus de l’Église, se repentir et être réintégré que de rester dans l’Église en n’ayant finalement jamais vraiment compris l’Évangile (et le pardon qu’il entraîne). C’est la logique de Paul avec le corinthien qui couchait avec sa belle-mère :

Lorsque vous serez réunis, et que je serai présent parmi vous en pensée, appliquez cette sentence dans la puissance de notre Seigneur Jésus : qu’un tel homme soit livré à Satan en vue de la destruction du mal qui est en lui afin qu’il soit sauvé au jour du Seigneur.

1 Corinthiens 5.5

 

Pour conclure, il faut rappeler que le pardon est un processus qui peut prendre du temps et que les relations humaines sont parfois très complexes. Cependant, il faut garder à l’esprit l’enseignement principal de ce chapitre 18 : il faut tout faire pour préserver les faibles… quitte à couper un bout du corps physique ou spirituel !

 

 

Alors ? Êtes-vous d’accord avec cette structure ?

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1 Response

  1. Mathieu dit :

    Merci pour cet éclairage, je n’avais jamais vu les choses comme ça.

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