L’Alcool dans la Bible

L’alcool est une préoccupation majeure pour les étudiants. C’est malheureusement aussi une occupation majeure pour beaucoup d’entre eux, pour le meilleur mais la plupart du temps pour le pire.

Même si le lendemain matin on ne se réveille pas forcément dans la cellule de dégrisement d’un commissariat de police ou dans le lit d’un(e) inconnu(e), la forte consommation d’alcool conduit trop souvent à faire ou dire des choses que l’on regrette ensuite.

Comment se positionner face aux dérives et aux dangers encourus ? Comment être un bon témoin de Jésus au milieu d’une soirée alcoolisée ?

Les auteurs de la Bible nous donnent un bon cadre de réflexion sur le thème de l’alcool. L’alcool (en particulier le vin) est très présent dans les textes bibliques car il a toujours été présent dans la vie des êtres humains.

Du début à la fin de la Bible

La vigne est citée tout au long des Écritures, dès la Genèse, comme un signe de prospérité. Les prophètes l’ont souvent utilisée comme une image du peuple d’Israël. Qui dit vigne dit vin, immanquablement. Comme en France aujourd’hui, la production de vin faisait partie intégrante de l’économie du pays et était même exportée à l’étranger (2 Ch 2).

Le vin était consommé de manière courante pendant les repas et était vu comme une bénédiction divine (De 7.13). Ses bienfaits étaient appréciés : « le vin […] réjouit le cœur de l’homme et fait plus que l’huile resplendir son visage. » (Ps 104.15) et il « rend la vie joyeuse » (Ec 10.19). Il pouvait même servir d’offrande à Dieu dans certains cas (Lv 23.13).

Le ministère terrestre de Jésus a commencé et s’est achevé autour d’un verre de vin. Son premier miracle a été la transformation de l’eau en vin à Cana et en fin de parcours il a instauré un repas symbolique composé de pain et de vin. Entre les deux, il n’a pas dédaigné les bons gueuletons bien arrosés (Lc 7.34) et il a parfois utilisé le vin comme image pour illustrer ses enseignements (Mc 2.22).

Attention : danger !

Cependant, les auteurs bibliques nous invitent à être lucides sur les dangers qui accompagnent le vin. L’ivresse de Noé est décrite comme ayant eu des conséquences dramatiques pour lui et ses enfants (Ge 9). Les filles de Loth ont enivré leur père pour pouvoir le violer (Ge 19). Absalom a fait boire son frère Amnon pour le faire assassiner plus facilement (2 Sa 13.28). Ésaïe parlait des dirigeants du royaume du Nord comme étant des ivrognes qui « titubent sous l’effet du vin et les liqueurs fortes les égarent ; prêtres et prophètes titubent sous l’effet des liqueurs fortes, ils sont troublés par le vin, ils s’égarent à cause des liqueurs fortes. Ils titubent en prophétisant, ils vacillent en rendant leurs verdicts. Toutes les tables sont pleines de vomissements infects » (Es 28.7-8). Longue est la liste des méfaits commis sous l’emprise du vin ou en profitant de l’ivresse d’une autre personne.

Le prophète Osée l’exprimait de manière assez directe : « la prostitution, le vieux vin et le vin nouveau font perdre la raison » (Os 4.11). Et c’est pourquoi les prêtres devaient s’abstenir de boissons alcoolisées quand ils étaient en service, afin de garder une parfaite maîtrise de leurs actes (Lv 10.9).

L’ambivalence du vin est bien décrite par le mystérieux roi Lemuel : « ce n’est pas aux rois de boire du vin, ni aux princes de rechercher des boissons fortes. En effet, en buvant ils pourraient oublier les lois et porter atteinte à la cause des plus malheureux. Donnez des liqueurs fortes à celui qui va mourir, du vin à celui qui est rempli d’amertume : qu’il boive et oublie ainsi sa pauvreté, qu’il ne se souvienne plus de sa peine » (Pr 31.4-7).

A consommer avec modération

Être sage, c’est boire avec modération : « Le vin est moqueur, les boissons fortes sont bruyantes ; s’en enivrer n’est pas sage » (Pr 20.1). Il s’agit d’être particulièrement prudent : « Ne regarde pas le vin parce qu’il est d’un beau rouge et qu’il fait des perles dans la coupe : il s’avale d’un trait et il finit par mordre comme un serpent, par piquer comme une vipère. Tes yeux auraient alors d’étranges visions et ton cœur exprimerait le dérèglement » (Pr 23.31-33).

Dieu encourage l’être humain à agir de manière responsable, à avancer vers toujours plus de responsabilité. La maîtrise de soi étant l’un des signes qui montrent que le Saint-Esprit est à l’œuvre dans une vie (Ga 5.22), il est logique que le disciple de Jésus cherche à éviter tout ce qui pourrait l’amener à perdre la maîtrise de ses actions ou de ses paroles. Le centre de la vie du croyant c’est l’Évangile, donc il se doit de manier avec précaution tout ce qui pourrait l’amener à faire ou dire des choses qu’il pourrait regretter amèrement une fois l’effet de l’alcool dissipé, ou tout ce qui pourrait mettre en danger son corps ou son témoignage.

Réorienter nos priorités, voilà ce que l’apôtre Paul recommande : « Ne vous enivrez pas de vin : cela mène à la débauche. Soyez au contraire remplis de l’Esprit » (Ép 5.18). L’ivrognerie fait partie des péchés qu’il dénonçait de manière régulière, et il lui oppose la joie du Saint-Esprit. A la place de boire pour oublier une situation douloureuse ou tuer le temps, se réjouir de pouvoir connaître toujours plus Dieu.

Parmi les critères proposés par l’apôtre pour les responsables d’Église, on trouve : « ne […] pas être buveur » (1 Ti 3.3). Il ne tombe toutefois pas dans un ascétisme rigoriste qui n’aurait rien de biblique car pour lui une consommation modérée peut être très bénéfique pour le corps : « Cesse de ne boire que de l’eau, prends un peu de vin à cause de ton estomac et de tes fréquents malaises » (1 Ti 5.23).

Pourquoi bois-je ?

Dans la perspective du retour de Jésus, Paul invite chaque croyant à réfléchir à son comportement en général et à son rapport à l’alcool en particulier : « conduisons-nous honnêtement, comme en plein jour, sans orgies ni ivrognerie, sans immoralité ni débauche, sans dispute ni jalousie. Mais revêtez-vous du Seigneur Jésus-Christ et ne vous préoccupez pas de votre nature propre pour satisfaire ses convoitises » (Rm 13.12-14).

Cherchons-nous notre réconfort en Dieu ou dans la boisson ? Plaçons-nous notre identité dans notre appartenance à Dieu ou à la communauté des buveurs ? Il peut être utile de se poser régulièrement la question : « pourrais-je me passer de ce verre ou ai-je développé une dépendance à l’alcool même si c’est difficile à admettre ? »

Bref, la prudence biblique est toujours d’actualité. Sachons dire non à la pression sociale qui nous inciterait à dépasser nos limites personnelles. Nos amis comprendront. Et s’ils ne comprennent pas maintenant, ils comprendront plus tard. L’alcoolisme est un fléau ; la sobriété, c’est ça l’avenir.

Apprenons à boire avec sagesse et reconnaissance pour pouvoir continuer à apprécier la délicatesse des joies alcoolisées que notre Créateur nous offre.

Nicolas Blum,

Coordinateur Régional des GBU à Paris-Saclay

Pour aller plus loin :

  • « Vin et boissons alcoolisées », Grand Dictionnaire de la Bible, Excelsis, 2004, p. 1718-1719.

  • « Alcool », Bible d’étude Semeur, Excelsis, 2005, p. 1989.

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