Matthieu 5.43-48 – Aimez vos ennemis

Canevas réalisé par Olivier Risnes, ancien Secrétaire Général des GBU

L’étude peut commencer par une question sur le thème : “Peut-on être l’ami de ses ennemis ?” Attention, cette étude peut prendre du temps, veillez à bien cadrer les discussions. Si vous manquez de temps, vous pouvez passer par dessus les questions sur le Psaume 139.

Le Sermon sur la Montagne, dans l’Evangile selon Matthieu, commence avec le fameux texte des Béatitude et se poursuit avec six enseignements que Jésus a donné sur des questions éthiques. On appelle cette partie du Sermon sur la Montagne les “antithèses”. A chaque fois, Jésus commence en disant : “Vous avez entendu qu’il a été dit…”, et il rappelle non pas la Loi mais l’enseignement traditionnel sur la Loi. Puis il apporte son propre enseignement : “mais moi je vous dit…”.

Dans ces antithèses, Jésus ne vient pas contredire la Loi, mais il porte un regard critique sur la façon dont les rabbins de son époque l’interprétaient. D’une certaine façon, son interprétation de la Loi est encore plus radicale que celle des autres enseignants de son époque. La question qui se pose dès lors est : comment faut-il comprendre cet enseignement ? comment peut-on le vivre ?

Lire Matthieu 5, 43-48.

  • Quel texte de la Bible nous invite-t-il à aimer notre prochain ? (Lire Lev. 19,18).
  • Dans quel texte de la Bible est-il dit textuellement “tu haïras ton ennemi ?” (Aucun !)
  • La citation concernant l’amour du prochain au verset 43 est-elle complète ?
Le “comme toi-même” rend l’amour du prochain exigeant. Les docteurs de la Loi avaient tendance à minimiser cette exigence : “mon prochain – pensaient-ils – c’est quelqu’un de mon peuple, un autre juif, mon ami ou mon parent, celui qui fait partie de ma race ou de ma religion. La Loi ne dit rien concernant les étrangers ou les ennemis. Ainsi, puisque d’après le commandement, je dois aimer mon prochain, je peux considérer ce commandement comme une permission, voire une injonction à haïr mon ennemi qui n’est pas mon prochain” (John STOTT, Matthieu 5-7, Le sermon sur la montagne, PBU, 1987).
En fait ils oubliaient ce que la Bible enseigne à propos des étrangers et des ennemis.

Lire Lév. 19, 33-34 et Ex. 12, 49 (à propos des étrangers), et Ex. 23, 4-5 et Rom. 12, 17-21 (à propos des ennemis).

Petit détour par le Ps 139…

On peut se demander comment comprendre les textes de l’Ancien Testament qui semblent inciter à la haine contre les ennemis. Lire Psaume 139, 19-24.

Certains Psaumes – comme celui-ci – peuvent nous mettre dans l’embarras avec les sentiments très forts qu’ils font apparaître. Il faut apprendre à les lire. Quelques questions sur le Psaume 139 pourront nous aider à voir s’il y a vraiment une contradiction entre certains textes de l’Ancien Testament et les paroles de Jésus dans l’Evangile de Matthieu.

Quelle justice ?

  • Le psalmiste parle-t-il ici de ses ennemis personnels ?
  • Cherche-t-il à se venger lui-même ? Qui doit agir selon lui ?
  • Comment est-ce que les versets 23-24 éclairent les versets 19-22 ?
  • Le psalmiste cherche-t-il a échapper au regard et à la justice de Dieu ? Comment espère-t-il que Dieu va réagir à son égard ?
  • Peut-il réclamer une justice différente pour lui-même que celle qu’il réclame pour les ennemis de Dieu ?
  • Qui est juste devant Dieu (lire Romain 3:23) ?

Justice et pardon

  • Le pardon de Dieu est-il une faiblesse voire une défaillance vis à vis de Sa justice ? Peut-on concilier la justice de Dieu et Sa miséricorde sans porter atteinte, même un tant soit peu, à l’une ou à l’autre ? Dieu peut-il être à la fois, entièrement et sans concession, juste et miséricordieux ? Comment ?

Retour aux versets de l’Evangile de Matthieu.

  • Jésus lui-même a-t-il aimé ses ennemis ? A-t-il “bradé” la justice de Dieu et la Loi de Moïse ? Qu’affirme-t-il en Matthieu 5, 17-20 ? Comment comprendre ces paroles ?
  • Quelle est la meilleures façon d’aimer ses ennemis ? (voir Luc 23, 34 ; Actes 7, 54-59).
  • Comment comprendre la perfection à laquelle nous sommes appelés (v. 48) ?
  • Pourquoi sommes-nous appelés à aimer nos ennemis ? (voir Mat. 6, 12 ; 2 Co. 5, 14-21).
Aimer les “méchants”, c’est aussi désirer qu’ils se repentent de leur révolte contre Dieu, qu’ils croient dans la Bonne Nouvelle du salut en Jésus et qu’ils soient sauvés. Les sentiments négatifs que l’on peut parfois éprouver contre nos ennemis devraient exclure le désir de vengeance, la malveillance, la rancune. Le fait d’avoir des ennemis ne nous autorise pas à les haïr. Le chrétien est appelé à aimer même ses ennemis. Etre parfait en amour, c’est aimer de l’amour dont Dieu nous a aimé. Il s’agit de passer de la non-rétorsion à un amour actif. Comment aimer activement ses ennemis ?
  • Pensez-vous que le commandement d’amour des ennemis soit réalisable ? Où les chrétiens peuvent-ils trouver la force d’aimer leurs ennemis ?
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