Le sens du service

Le désir de servir Dieu et son prochain devrait animer chaque chrétien. C’était le cas de Jean Calvin lorsqu’il a écrit L’institution de la religion chrétienne (1535), dont l’objectif était de « servir à nos Français »[1]

Par Paul Yang, Équipier Local à Rennes

Pourquoi servir ?

Le chrétien, né de nouveau, ne cherche plus à servir ses propres intérêts (le plus souvent égocentriques) mais accepte de devenir serviteur de celui qui l’a libéré. Il sait qu’il est sauvé pour pratiquer les bonnes œuvres préparées d’avance (Ep 2.10).

Tout comme il existe une dualité dans le commandement d’amour [2], notons qu’il y a une dualité dans le service. Il sert à la fois, Dieu et son prochain : le chrétien vise une vie conforme à l’Évangile, adoptant entre autre une bonne conduite (1 P 2.12) auprès des incrédules afin que ceux-ci viennent à Dieu. Jésus révèle cette dualité dans la pratique, en soulignant le lien de solidarité qui le lie aux chrétiens : chaque fois qu’une action a été faite aux frères, c’est comme si elle avait été faite à Jésus (Mt 25.34-46 ; cf.Mt 10.40-42 ; Ac 9.1-4).

Qu’est-ce que le service ?

Continuons à développer l’idée du service en précisant ce qu’il contient puis le public qu’il vise.

Servir Dieu, c’est travailler, accomplir ses œuvres (Jn 6.27) ; c’est se mettre au service de son œuvre de salut. Tout ce qui peut contribuer[3] à cette œuvre fait partie du service.

L’évangile de Jean présente de manière explicite l’œuvre (et les œuvres) de Dieu et permet d’en apprécier le contenu : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous mettiez votre foi en celui qu’il a lui–même envoyé » (Jn 6.29) ; le chrétien est appelé à « travailler, non pour la nourriture périssable, mais pour celle qui dure pour la vie éternelle » (Jn 6.27).

Le mot « œuvre » (ergonen grec) est utilisé à 27 reprises dans l’évangile de Jean où le mot est majoritairement utilisé au pluriel[4]. Il renvoie, le plus souvent, à l’activité ou la personne de Jésus. Lorsqu’il est employé au singulier[5], il fait référence à l’œuvre de Dieu, son projet divin. Celui-ci consiste en l’envoi du Fils pour révéler le Père et rassembler autour de lui ceux que le Père avait choisis. Les disciples sont appelés à poursuivre cette œuvre. C’est en croyant et en pensant[6] l’œuvre de Dieu que le chrétien en saisira les implications et découvrira de quelle manière il se mettra au travail : la mission de Dieu détermine celle du chrétien ; Dieu a envoyé son Fils en vue du salut, il envoie aussi ses serviteurs pour communiquer cette Bonne Nouvelle (Jn 20.21).

Qui est appelé au service ?

Nous allons voir maintenant que tous les chrétiens sont appelés à servir. Pour cela, plongeons-nous dans les Écritures pour montrer comment l’idée de service a évolué entre l’Ancien et le Nouveau Testament.

Selon l’Ancien Testament, Israël, en tant que peuple élu, est appelé « le serviteur de Dieu[7]». Il a été racheté de l’esclavage en Égypte par Dieu lui-même pour le servir : Israël sera une lumière pour les nations (Es 42.6) ; par son obéissance et son engagement, il s’attachera à Dieu et conduira de nombreux peuples à venir adorer Dieu (Es 2.2 ; 56.7).

L’Ancien Testament nous apprend aussi qu’il est question du service du tabernacle ou du temple effectué par les prêtres qui y officiaient et les Lévites qui les assistaient (Nb 3.5-6). Le service cultuel et religieux demeurait la charge d’une poignée d’hommes tandis que l’élection ne concernait qu’un peuple.

Dans le Nouveau Testament, le terme grec diakoniaest traduit dans la Nouvelle Bible Segond par les mots service ou ministère. Lorsque ces deux mots sont en rapport avec l’œuvre de Dieu, ils recouvrent la même réalité. Dans le Nouveau Testament, le service ou le ministère n’est plus le privilège exclusif de la caste sacerdotale. Ainsi tout chrétien est serviteur ou ministre de Dieu qu’il soit pasteur, équipier(e) GBU, étudiant(e) ou salarié(e), père/mère de famille ou demandeur d’emploi !

En effet, l’ensemble des chrétiens forment le nouveau temple (1 P 2.5) et offrent leur corps comme un sacrifice vivant à Dieu (Ro 12.1). Tous les chrétiens servent Dieu d’une manière ou d’une autre. Ils ont été libérés de la vaine manière de vivre pour le servir et célébrer bien haut ses œuvres merveilleuses (1 P 1.9). La première épître de Pierre montre que cette célébration commence « dans la tête » (1.3-12 ; 4.1) puis se réalise au moyen d’une vie conforme à ce que Dieu attend (1.13–2.10 ; 3.18–5.11) et d’une bonne conduite tenue au milieu des incroyants (2.11–3.17). La vie extérieure du chrétien est donc comme une fenêtre par laquelle l’incrédule peut percevoir le changement que Dieu opère chez le croyant.

Servir au sein des GBU

Les GBU affichent clairement leur volonté de se mettre au service de Dieu, des étudiants et des églises en ayant pour objectifs de faire connaître la Bible dans le monde universitaire et de permettre aux étudiants de grandir dans leur foi. La vie chrétienne tout entière est le service rendu à Dieu. Les GBU souhaitent offrir à tous la possibilité de participer au ministère parmi les étudiants. Si vous avez envie de participer à l’aventure, que ce soit avec du temps, des idées, de l’argent à donner, n’hésitez pas à vous manifester !

Concluons en encourageant chaque chrétien à servir selon le modèle d’amour et d’humilité donné par la vie du Christ (serviteur de Dieu par excellence), qui est venu, non pour être servi mais pour servir (Mt 20.28 ; Mc 10.45).

[1]Expression reprise dans le titre du livre de David Brown, publié par Farel en 2009.

[2]En Matthieu 22.37-40, Jésus opère la jonction entre deux commandements tirés du Décalogue – aimer Dieu
(Dt 6.5) et aimer son prochain(Lv 19.18) – en les présentant comme semblables.

[3]Actes 6.1-3 traite du service aux tables. Ce service est différent du service de la Parole évoqué au verset suivant (Ac 6.4). Mais comme nous le verrons plus loin, le même mot grec est utilisé.

[4]Jn 5.20,36 [2 fois] ; 6.28 ; 7.3 ; 9.3,4 ; 10.25,32,37,38 ; 14.10,11,12 ; 15.24. Voir Jacques Buchhold, « De plus grandes œuvres que celle de Jésus ! Jean 14.12-13 », dans Théologie Évangélique, vol. 4, n°3, 2005, p. 6-13 et 20-21

[5]5Jn 4.34 ; 6.29 ; 17.4.

[6]On retrouve ici la devise des GBU : « Croire, penser, transmettre »la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ.

[7]7Es 41.8-9 ; 42.1,19 ; 43.10 ; 44.1-2,21,26 ; 45.4 ; 49.6 ; 52.13 ; 53.11.

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