Les paraboles

Être un bon samaritain, le retour du fils fils prodigue, ça vous dit quelque chose ? Ces expressions encore utilisées aujourd’hui viennent des paraboles que Jésus racontait régulièrement à ses auditeurs afin que ceux-ci captent son enseignement. Voici une petite aide pour bien les comprendre.

 

Pour délivrer son message révolutionnaire, Jésus avait plusieurs méthodes dans son arsenal argumentatif : les enseignements simples, la dénonciation, les controverses à propos de la loi de Moïse et… les paraboles. Ces petites histoires sont très efficaces car :

  1. Elles sont tirées de la vie quotidienne et donc accessibles à tout type de public ;
  2. Leur scénario est simple avec des personnages stéréotypés et contrastés ;
  3. Elles comportent un élément de surprise qui prend les auditeurs à contre-pied ;
  4. Elles exigent une réaction, une réponse. Parce qu’elles ne laissent personne indifférent, chacun est obligé de prendre position de manière tranchée ;
  5. À la fin les auditeurs se rendent compte que la parabole parlait en fait de Dieu… et d’eux ! Souvent la position qu’ils ont prise en réponse à cette histoire les met dans une situation inconfortable car ils s’aperçoivent que, dans la vraie vie, ils font le contraire.

 

Exemples :

  • Parabole simple : La brebis perdue de Luc 15.4-7

Le contexte : les pharisiens critiquent Jésus qui côtoie des gens qui ont mauvaise réputation. Jésus se sert donc de cette parabole pour expliquer pourquoi il est avec eux et pas avec les personnes respectables.

Explication de la parabole : Jésus se sert d’un exemple que tout le monde connaît : un berger avec son troupeau. Ensuite il se compare au berger qui s’occupe en priorité d’une bête en danger plutôt que de rester avec celles qui vont bien. La transposition est très simple : les brebis perdue, se sont justement ces gens de mauvaise vie que Jésus, le bon berger, va chercher pour les sauver.

 

  • Parabole de retournement : Le pharisien et le collecteur d’impôts Luc 18.10-14

Le contexte : Jésus veut donner une leçon à ses contemporains qui pensent être en règle avec Dieu parce qu’ils sont dans les normes de la respectabilité.

Explication de la parabole : Jésus prend deux personnes diamétralement opposées pour illustrer son propos : un pharisien, religieux très fidèle à la loi de Moïse et considéré par tous comme « un saint », et un collecteur d’impôts, juif qui prélève des taxes pour le compte des romains et considéré comme un « collabo ». Tout dans la parabole incite les auditeurs à les comparer puisqu’ils sont dans le même lieu (le temple) et qu’ils font la même chose (prier). Et tout le monde s’attend à ce que cela tourne en faveur de l’enseignant religieux. Mais le contenu de la prière de chacun va totalement inverser la tendance : le collecteur d’impôt reconnaît ses fautes et demande pardon à Dieu tandis que le pharisien se montre plein d’autosatisfaction et de mépris envers le reste du peuple. Contre toute attente, Jésus élève celui qui était très mal vu de tous et abaisse celui qui était estimé de tous. Il fait cela pour montrer que le critère pour juger de la « respectabilité religieuse » de quelqu’un c’est sa capacité à reconnaître qu’il a besoin du pardon de Dieu.

 

  • Parabole à suspens : Les vignerons Luc 20.9-19

Le contexte : Jésus est constamment attaqué par les responsables religieux. Il décide alors de résumer la relation entre Dieu et Israël dans une parabole.

Explication de la parabole : Le propriétaire, personnage le plus important de la parabole représente Dieu (dans les autres paraboles, ce peut être aussi un roi, un père, un juge). La vigne représente le peuple d’Israël et les vignerons les responsables religieux et politiques juifs. Le problème c’est que les vignerons ne veulent plus rendre de comptes au propriétaire ! Celui-ci envoie donc des émissaires pour les rappeler à l’ordre mais les uns après les autres, ils sont tués. Le fait que le même processus se déroule trois fois, créée à la fois un suspens et de l’indignation pour le public : on attend le dénouement de l’histoire et on espère que ces vignerons vont être matés. Puis, enfin, le fils du propriétaire va en personne raisonner ces employés. Mais, comble de l’ignominie, ils tuent aussi le fils ! L’explication devient alors claire : les trois premiers émissaires représentent l’ensemble des prophètes de l’Ancien Testament, le fils c’est Jésus lui-même. Jésus traite donc ces interlocuteurs de meurtriers infidèles à Dieu et annonce par la même occasion que lui-même, le fils de Dieu, va périr à cause d’eux ! Et ce qui est intéressant c’est qu’à la fin de la parabole, ils le confirment.

 

Attention, pour ne pas faire fausse route avec les paraboles, il ne faut pas aller trop loin dans leur interprétation ! Il faut surtout saisir qui sont les personnages, retenir l’idée générale et bien observer l’application qu’en fait Jésus.

 

Vous êtes maintenant équipés pour parfaitement capter l’enseignement du Maître.

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