Parabole du fils prodigue 4 : Un Père n’avait PAS 2 Fils

Que fait Jésus en nous présentant ces deux fils ? Il veut modifier notre conception du Péché, en nous montrant deux manières de se perdre, de se séparer de l’amour du Père.

Si vous ne connaissez pas (ou n’avez plus en tête) cette parabole, la voici :

– Un homme avait deux fils. 12 Le plus jeune lui dit : « Mon père, donne-moi ma part d’héritage, celle qui doit me revenir un jour. »
Et le père fit le partage de ses biens entre ses fils.
13 Quelques jours plus tard, le cadet vendit tout ce qu’il avait reçu et s’en alla dans un pays lointain. Là, il gaspilla sa fortune en menant grande vie. 14 Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays-là et il commença à manquer du nécessaire.
15 Alors il alla se faire embaucher par l’un des propriétaires de la contrée. Celui-ci l’envoya dans les champs garder les porcs. 16 Le jeune homme aurait bien voulu apaiser sa faim avec les caroubes que mangeaient les bêtes, mais personne ne lui en donnait.
17 Alors, il se mit à réfléchir sur lui-même et se dit : « Tous les ouvriers de mon père peuvent manger autant qu’ils veulent, alors que moi, je suis ici à mourir de faim ! 18 Je vais me mettre en route, j’irai trouver mon père et je lui dirai : Mon père, j’ai péché contre Dieu et contre toi. 19 Je ne mérite plus d’être considéré comme ton fils. Accepte-moi comme l’un de tes ouvriers. »
20 Il se mit donc en route pour se rendre chez son père. Comme il se trouvait encore à une bonne distance de la maison, son père l’aperçut et fut pris d’une profonde pitié pour lui. Il courut à la rencontre de son fils, se jeta à son cou et l’embrassa longuement.
21 Le fils lui dit :
« Mon père, j’ai péché contre Dieu et contre toi, je ne mérite plus d’être considéré comme ton fils… »

22 Mais le père dit à ses serviteurs :
« Allez vite chercher un habit, le meilleur que vous trouverez, et mettez-le lui ; passez-lui une bague au doigt et chaussez-le de sandales. 23 Amenez le veau que nous avons engraissé et tuez-le. Nous allons faire un grand festin et nous réjouir, 24 car voici, mon fils était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et je l’ai retrouvé. »
Et ils commencèrent à festoyer dans la joie.

25 Pendant ce temps, le fils aîné travaillait aux champs. Sur le chemin du retour, quand il arriva près de la maison, il entendit de la musique et des danses. 26 Il appela un des serviteurs et lui demanda ce qui se passait. 27 Le garçon lui répondit :
« C’est ton frère qui est de retour. Ton père a tué le veau gras en son honneur parce qu’il l’a retrouvé sain et sauf. »
28 Alors le fils aîné se mit en colère et refusa de franchir le seuil de la maison. Son père sortit et l’invita à entrer. 29 Mais lui répondit :
« Cela fait tant et tant d’années que je suis à ton service ; jamais je n’ai désobéi à tes ordres. Et pas une seule fois tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. 30 Mais quand celui-là revient, « ton fils » qui a mangé ta fortune avec des prostituées, pour lui, tu tues le veau gras ! »

31 « Mon enfant, lui dit le père, tu es constamment avec moi, et tous mes biens sont à toi ; 32 mais il fallait bien faire une fête et nous réjouir, puisque ton frère que voici était mort et qu’il est revenu à la vie, puisqu’il était perdu et voici qu’il est retrouvé. »

 

Dans la première partie de l’histoire, avec le plus jeune fils, Jésus reprend à son compte la conception traditionnelle du Péché. Ce qu’a fait ce plus jeune fils est notoirement Péché : déshonorer son père, mener une vie de débauche, dépenser son argent avec des prostitués – ça rentre bien dans la conception habituelle de ce qu’est le Péché. Mais dans la deuxième partie de l’histoire, avec le fils aîné, Jésus nous surprend. Parce que quand on arrive à la fin de l’histoire, on se rend compte que c’est la parabole de deux fils : l’un est très bon, l’autre est très mauvais, et pourtant les deux sont tout autant séparés de leur père. Tous les deux, ils veulent jouir des biens du père, mais non de sa présence. Tous les deux veulent, à leur manière, instrumentaliser leur père pour obtenir ce qu’ils désirent réellement. Aucun d’eux n’aime réellement son père, mais ils l’ont utilisé dans l’espoir d’obtenir ce qu’ils aimaient vraiment : le confort, la richesse, le statut social, le bonheur. L’un se comportait ainsi en étant très bon, tandis que l’autre se comportait de la même manière en étant très mauvais. C’est la parabole de deux fils, de deux fils perdus, vers lesquels le Père doit sortir afin de les ramener à la maison, à la raison. Le mauvais fils est perdu à cause de sa désobéissance, mais le bon fils est perdu à cause de son obéissance ! Et à la fin, c’est le mauvais fils qui est dans la maison à se réjouir avec son père et c’est le bon fils qui reste dehors. Jésus montre ici qu’il y a deux manières d’être perdu : en entrant en rébellion ouverte contre Dieu et en faisant comme s’il n’existait pas, mais aussi en essayant de se l’assujettir en étant tellement bon que Dieu nous devra quelque chose. Et à la fin de l’histoire, c’est l’amant des prostitués qui est sauvé, et c’est le bon garçon qui est perdu. Ça nous paraît scandaleux. Mais c’est le message de Jésus, et c’est parce qu’ils ont compris cela que les pharisiens et les spécialistes de lois murmurent contre Jésus. 

Alors, est-ce que le fils aîné va rentrer dans la maison pour faire la fête ? Est-ce qu’il va se réconcilier avec son père contre qui il est pour l’instant en colère puis avec son frère qu’il méprise tellement ? La famille va-t-elle enfin connaître la joie de l’unité ? Nous ne le saurons pas. Jésus ne nous dit jamais comment se termine cette histoire. Pourquoi ? Parce qu’il veut faire réfléchir les religieux, les gens moraux, bien sous tout rapport et modifier ainsi leur conception du Salut, de la fête organisée par le Père. Il veut que nous réfléchissions à ce qui nous permettra de participer à la fête : non pas nos propres mérites, mais l’amour gratuit du Père. Et Jésus veut nous faire réfléchir pour que nous apprenions à nous repentir non seulement de la liste des péchés que nous commettons, comme a pu le faire le plus jeune fils, mais aussi à se repentir de notre obéissance, ou plus précisément des mauvaises motivations qui sont les nôtres lorsque nous obéissons à Dieu.

Jésus a fait ce que le mauvais fils aîné ne voulait pas faire. Le mauvais fils ne voulait pas que son petit frère revienne à la maison à ses dépends. Il ne voulait pas payer la note pour son frère. Il ne voulait pas que son père donne à son frère un vêtement et qu’il organise une grande fête pour lui parce que tout ce qui servait à l’organisation de la fête, étaient des choses qui lui appartenaient, c’était son héritage, et pas celui de son frère qui avait déjà été dilapidé. Mais Jésus est venu pour sauver les fils prodigues et les pharisiens, des gens comme vous et comme moi qui ne le méritons pas.

J’imagine que tout le monde aime faire la fête… alors imaginez une fête absolument fabuleuse avec les meilleurs plats, les meilleurs vins… et ce pour l’éternité ! Ce serait bien, hein ? C’est ce qui pourrait vous arriver ! Mais il y a certaines conditions pour cela : 

  • Il faut reconnaître qu’on fait fausse route et qu’on a besoin d’aide. Il faut mettre sa foi en Jésus, le Fils de Dieu qui est justement venu sur Terre pour nous offrir son aide, pour nous offrir le Salut. Pour accepter Jésus il faut être comme le fils cadet et comprendre que l’on a fait fausse route et que l’on veut connaître l’amour parfait d’un Dieu qui souhaite être notre Père. Il ne faut pas persister dans son erreur mais revenir, changer, se repentir en demandant pardon au Seigneur.
  • Par contre il ne faut pas croire que l’on est quelqu’un de bien, quelqu’un de sage qui pourra mériter le Salut par ses propres efforts. Pour plaire à Dieu il faut être parfait, avoir 20/20 et ce n’est le cas de personne. Alors il faut vraiment éviter d’être orgueilleux comme le fils aîné en croyant qu’on fait tout ce qu’il faut et qu’il n’y a besoin de rien d’autre. Le fils aîné manque justement de la chose principale : il n’a pas compris que la Grâce, l’amour de son Père est imméritée ! Il nous faut nous aussi comprendre que ce ne sont pas nos bonnes actions qui nous sauveront mais que c’est Dieu dans sa grâce qui nous sauve à condition de mettre notre foi en Jésus.

Il y a un gros avantage à vivre avec Jésus pour maître : on est pardonné, léger ! On peut avouer ses erreurs, ses manquements, ses lâchetés, ses faiblesses, on n’a plus à tout porter sur soi. Plus besoin de ressasser des soucis qui provoquent des nuits blanches : on n’est plus seul ! Être en communion avec Dieu, l’avoir pour Père, c’est vraiment le bonheur ! 

Aimez-vous faire la fête ? Voulez-vous participer à la meilleure des fêtes ? Elle est devant vous… et elle commence dés maintenant si vous le voulez. Alors, vous venez à cette fête ? Avez-vous l’humilité et la clairvoyance nécessaire pour vouloir entrer ? Tout comme le fils aîné, si vous ne vous repentez pas, vous n’aurez pas du tout envie d’y participer parce que votre propre orgueil vous en barrera la route. 

Alors que Dieu nous aide à ne pas lui résister mais à accepter humblement son amour et sa volonté parfaite pour nos vies ! 

 

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