Top 5 des gestes prophétiques les plus originaux

Quand on pense aux prophètes, c’est le mot “paroles” (de dénonciation) qui vient à l’esprit. Pourtant, on oublie souvent qu’il y avait aussi des actes très intéressants ! Voici les plus exotiques :

N° 5 : Esaïe le nudiste (chap. 20)

Le puissant empire assyrien menace le royaume de Juda et l’on presse le roi Ézéchias de faire alliance avec l’Égypte, histoire de résister (et de ne pas compter sur Dieu). Quelle est la réponse du Seigneur face à ces velléités ? Il envoie Ésaïe. Cette fois-ci, ce n’est pas pour délivrer un brillant discours mais pour marcher pieds-nus et vêtu de haillons. Et pour bien marquer le coup et les esprits, il répètera la manoeuvre pendant… 3 ans ! Le but ? Décrire les prisonniers égyptiens, ces sauveurs si merveilleux, ces guerriers si impressionnants, quand l’Assyrie se sera occupé de leur armée. Quand les mots ne suffisent pas, un petit mime prophétique répété régulièrement et le message passe ! Le secours vient de l’Éternel. Seulement de Lui.

N°4 : Auto-ligotage (Actes 21.10-14)

L’apôtre Paul, après avoir vraiment beaucoup voyagé, veut retourner à Jérusalem. Mais pendant le voyage retour, les signaux ne sont pas bons du tout. Arrivés à Tyr, des disciples inspirés par Dieu lui ont vivement déconseillé de continuer son voyage. Sauf que Paul est du genre têtu alors il prend le bateau pour aller plus loin. Mais à Césarée, le prophète Agabus est arrivé et il a bien précisé les avertissements reçus à Tyr. Il a pris la ceinture de Paul, s’en est servi pour s’attacher les mains et les pieds et a déclaré au nom de l’Esprit : “L’homme à qui cette ceinture appartient, les Juifs le lieront ainsi à Jérusalem pour le livrer aux non-Juifs”. Ce mime très explicite a rempli tout le monde d’effroi… tout le monde sauf Paul qui n’a pas peur de souffrir pour Jésus. Cette séquence est intéressante car si le Saint Esprit dit très clairement ce qu’il va se passer, il laisse l’apôtre choisir son sort… à moins que ce soit Lui qui l’inspire dans sa décision ! 

N°3 : La ceinture pourrie (Jérémie 13)

Dieu demande à Jérémie d’acheter une ceinture en lin et de la mettre, puis il lui demande de la loger dans le creux d’un rocher au bord d’une rivière qui s’appelle l’Euphrate (pas loin de Jérusalem). Longtemps plus tard, le prophète doit aller chercher sa ceinture et la retrouve, évidemment, dans un état déplorable. Dieu lui donne donc l’explication de cette parabole visuelle : la ceinture représente Juda et Jérémie représente Dieu qui s’est attaché son peuple à lui. Mais comme les israélites se sont détachés de leur libérateur pour se tourner vers des idoles étrangères, Dieu va les abandonner près de l’Euphrate (cette fois-ci en Mésopotamie, très loin) pour que leur fierté se détériore peu à peu. Dieu récupèrera alors ce qui reste de Juda pour le ramener sur sa terre d’origine… mais à quel prix !

N°2 : Proxénète ? (Osée 1-3)

Quand Dieu appelle Osée à son service, il lui demande d’épouser Gomer, une prostitué ! C’est vraiment bizarre mais la raison est tout de suite donnée : “car le pays se vautre dans la prostitution en se détournant de l’Éternel.” On est comme avec Jérémie dans le schéma “Prophète qui joue le rôle de Dieu”. Pour savoir si Osée s’est réellement marié à Gomer ou si c’est un simple mime joué, on peut observer les noms très explicites des enfants que le couple va avoir : Jizréel (bientôt la fin), Lo-Rouhama (plus d’amour) et Lo-Ammi (plus son peuple). On comprend bien qu’ils symbolisent les conséquences de l’infidélité d’Israël envers Dieu. Mais ce qui fait le plus pencher vers le mime c’est que Dieu demande à son prophète de s’unir à une seconde prostitué deux chapitres plus tard ! Et cette fois-ci ce n’est pas pour lui faire des enfants mais pour la racheter et qu’elle change de comportement en s’attachant pleinement à son mari. C’est à nouveau une image de la relation entre Israël et Dieu (et c’est aussi une structure concentrique). Dieu n’hésite pas à mettre son serviteur dans des situations très scabreuses pour que le message passe !

N°1 : Couché à côté d’une brique (Ézéchiel 4)

Le roi du mime prophétique est incontestablement Ézéchiel et l’exercice qu’il doit effectuer au chapitre 4 est à la fois complexe, long, douloureux et tellement perché que certains théologiens pensent (sérieusement) que le prophète souffrait de troubles psychiatriques ! Décomposons ce mime qui est effectué en exil, à des milliers de kilomètres du royaume de Juda : 

  • Ézéchiel doit dessiner Jérusalem sur une brique, placer des remblais autour d’elle et mettre une poêle de fer entre la brique et lui afin de l’assiéger
  • Ézéchiel doit se coucher du son côté gauche et prendre le Péché d’Israël pendant… 390 jours ! Il mangera une nourriture rudimentaire cuite sur des excréments humains (après protestation, Dieu lui accorde la bouse de vache à la place) et boira un peu d’eau
  • Ézéchiel doit ensuite se coucher sur son côté droit afin de prendre le Péché de Juda pendant 40 jours (une broutille !), puis il doit prophétiser contre, menacer Jérusalem (bref, il crie contre une brique).

Dieu précise bien que pendant ces temps, Ézéchiel sera comme lié par une corde qui l’empêchera de se retourner. Est-il vraiment resté sur le côté tout le temps ou juste  à certaines période de la journée ? C’est une bonne question ! En tout cas, le but est (une fois de plus) de bien faire comprendre au peuple que le futur va être très douloureux avec une vie en état de siège à cause du Péché et finalement la fin du royaume de Juda. Pour des gens en exil qui espèrent revenir très vite sur leurs terres, il fallait quelque chose de très démonstratif pour ruiner toute illusion. Le Péché est vraiment trop grave : Jérusalem finira comme Samarie (capitale d’Israël) un siècle auparavant.

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