Jean 13.1-17 – Une marque suprême de son amour

Canevas réalisé par Nicolas Robin, Secrétaire itinérant de la Région Est

Citations :

 

  • ” Et comme chaque jour, je t’aime davantage, Aujourd’hui plus qu’hier, et bien que moins que demain. ” (Rosemonde GERARD, Les Pipeaux)
  • “Aimer, ce n’est pas se regarder l’un l’autre, c’est regarder ensemble dans la même direction.” (Saint-Exupéry, Terre des Homme)
  • “La mesure de l’amour, c’est d’aimer sans mesure” (Saint AUGUSTIN)
  • “Tout est triste dans l’amour ; mais triste et tout ce que vous voudrez, c’est la meilleure chose qui existe.” (R. de CAMPOAMOR, Humoresques)
  • “Qui jamais ne connut ce qu’est l’amour, n’a jamais pu savoir ce que c’est que la peine.” (THOMAS, Tristan et Iseult)
  • “Ce beau feu dont pour vous ce coeur est embrasé, Trouvera tout possible, et l’impossible aisé.” (ROTROU, Venceslas)
  • “Etre amoureux, c’est voir dans celui ou dans celle qui vous aime ce qu’on y souhaite, et non pas ce qu’on y trouve.” (Paul REBOUX, Le Nouveau Savoir-Ecrire)
  • “Le moyen d’aimer une chose est de se dire qu’on pourrait la perdre” (C.-K. CHESTERTON)
  • “Aimer, c’est se surpasser.” (O.WILDE)
  • “L’amour est l’affaire du paresseux, mais la paresse de l’occupé.” (BULWER-LYTTON, Rienzi)
  • “Vous ne devez pas désirer ardemment d’être aimé. On donne de l’amour à ceux qui, par l’altruisme, s’intéressent aux autres plus qu’à eux-mêmes. C’est pourquoi on aime rarement une personne de génie de son vivant.” (Hugh, WALPOLE, John Cornelius)
  • “Quand on est jeune, on aime en fou ; Quand on est vieux, qui aime est fou.” (Proverbe du XVIIème siècle)

Etude : Jean 13:1-17 : Une marque suprême de son amour

Le but est que chacun des participants à l’étude biblique puissent recevoir une de ces citations (vous pouvez, par ex. les découper et les distribuer au hasard) et qu’ils puissent ainsi réagir au début de l’étude biblique à ce qu’elle dit de l’amour. Cela peut être fait (par ex.) lors du tour de présentation.

Le contexte :

  1. A quel moment du ministère de Jésus sommes-nous ? Qu’a accompli Jésus dans sa vie ? Quels sentiments devaient être ceux de Jésus à l’approche de sa mort ?
  2. Quelle signification a le fait de laver les pieds à l’époque ? (A qui cet acte est-il réservé ?) A quel acte pourrait-on le comparer dans notre société actuelle ?
Contexte du passage :
Jésus est rentré triomphalement à Jérusalem quelques jours plus tôt, acclamé par une foule nombreuse (le jour des rameaux), même si les autorités religieuses ne lui réservent pas le même accueil ( Jean 12 ). Quelques temps auparavant, Jésus a accompli un miracle incroyable en ressuscitant Lazare ( Jean 11 ). Dans ce texte, le repas que partagent Jésus et ses disciples est un repas d’adieu. Dans quelques heures Jésus va être livré par Judas et condamné à la croix.
Contexte culturel :
La tradition juive voulait que les pieds de l’hôte soient lavés, lorsque celui-ci entrait chez quelqu’un. C’était au serviteur le plus humble de la maison qu’incombait cette tâche particulièrement ingrate, car si seuls les plus pauvres marchaient pieds nus, les sandales les plus courantes étaient très aérées et laissaient aussi passer largement la poussière. Imaginer l’état des pieds de votre visiteur après plusieurs heures de marche…
Malgré tous les miracles accomplis, la guérison de nombreux malades, malgré le fait que Jésus ait ramené plusieurs personnes de la mort à la vie, le texte nous dit : “C’est pourquoi il donna aux siens, qu’il aimait et qui étaient dans le monde, une marque suprême de son amour pour eux” (au verset 1). Quelle réaction cela vous inspire-t-il ? (Pourquoi l’évangéliste Jean dit que Jésus donna une marque suprême de son amour à travers ce geste et non pas, p.ex., lors de la résurrection de Lazare?). Nous allons essayer de répondre à cette question, au travers du reste de l’Etude Biblique.

La symbolique du texte

  1. Quel acte Jésus accomplit-il au cours de ce repas ? Que cherche-t-il à montrer ?
  2. Lisez attentivement le verset 4 et le début du verset 12 ? Que remarquez-vous ?
  3. Que suggèrent le verset 3 et la fin du verset 12 (” Comprenez-vous ce que je vous ai fait ? “) ? Et vous, comprenez-vous ce qu’Il leur a fait ?
Au cours de ce repas, Jésus se met à laver les pieds de ses disciples et à les essuyer avec le linge dont il était ceint. Imaginer la scène, la personne que vous respectez le plus dans votre entourage (un ami, un prof, un pasteur, votre père,…) qui lors d’une rencontre avec vous se met à vous laver les pieds ???? Cette marque d’humilité, je pense nous échappe largement. Un élément peut nous permettre d’essayer de comprendre toute la portée de ce geste, il réside dans la symbolique à laquelle le texte nous invite à réfléchir. Il est étonnant de remarquer en effet de quelle manière le verset 12 répond au verset 4 : ” Il se leva de table pendant le dîner, posa son vêtement (…) et commença de laver les pieds de ses disciples” (v.4 et 5), et ” après avoir leur avoir lavé les pieds, il remit son vêtement et se rassit à table ” (v.12). Ces deux versets marquent le début et la fin de l’accomplissement du lavement des pieds, mais il est intéressant de relever aussi le verset fascinant qui précède cet intermède du lavement des pieds, le verset 3 : ” Jésus savait (…) qu’il était venu d’auprès de Dieu et aller retourner auprès de lui. ” ainsi que le verset 12 où Jésus interpelle les disciples en leur demandant ” Avez-vous compris ce que je viens de vous faire ? “… comme s’il y avait plus à comprendre au-delà de l’acte en lui-même (la réelle humilité…) mais aussi au-delà de ce repas ce qui va se passer le lendemain. La bible nous dit de Jésus qu’il est Dieu incarné, qu’il a été crucifié sur la croix, qu’il est ressuscité, et qu’il est retourné auprès de Dieu (l’ascension). Or ce texte semble être une métaphore de ce mystère :
  • [se leva de table et posa son vêtement // incarnation]
  • [laver les pieds // vie terrestre au service des autres, qui le conduit jusqu’à la crucifixion]
  • [remet son vêtement // résurrection]
  • [se rassit à table // ascension]
En bon pédagogue, Jésus interpelle ses disciples, afin que quand tout sera accompli, ils comprennent.

Jésus : ” le fils de Dieu ” :

  1. Quelle est la réaction de Pierre au moment où Jésus s’avance pour lui laver les pieds ? Quelle serait votre réaction ? Qu’est-ce que cela traduit ?
  2. Qu’est-ce qui dans ce texte montre que Jésus avait pleinement conscience de sa position unique ? Et malgré cela, il s’abaisse à l’un des actes les plus humiliant de l’époque (lavant même les pieds de celui qui allait le trahir), pourquoi à votre avis ? Est-ce que vous imaginez un autre prophète (Moïse, Abraham..) laver les pieds de leurs amis ?
  3. En quoi alors le mystère de l’incarnation de Jésus révolutionne notre compréhension de Dieu ?
Pierre refuse tout d’abord que Jésus-Christ lui lave les pieds. Pourquoi ? Plus que tout autre, il a de l’admiration, de l’estime, de l’amour pour celui qu’il a suivi depuis trois ans sur les routes, mais pour Pierre plus que tout autre sans doute, il n’est pas digne du rang de Jésus de s’abaisser à laver les pieds de ses disciples. Il voit en Jésus un leader, mais il transfère sur lui la propre image qu’il se fait d’un leader (son attachement à Jésus est d’ailleurs tel, qu’à la réponse de ce dernier, il tombe dans l’excès inverse). Peut-être n’aurions-nous pas tous l’attitude de Pierre ? Mais comme lui, nous nous taillons des dieux à notre image et c’est pour cela que nous ne comprenons pas toujours très bien ce que Dieu veut nous montrer. Car Pierre ne se trompe pas, il a bien devant lui quelqu’un de la plus haute importance, Jésus ne le cache pas ” Vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous avez raison, car je le suis. ” (dans d’autres textes de la Bible il atteste qu’il est le Fils de Dieu, p.ex. Matthieu 16.16-17 ), mais c’est une toute autre compréhension de ce rang que Jésus est en train de lui donner. Au moment où Jésus décide d’accomplir ce geste de service, il est clairement conscient de sa position unique ” Jésus savait que le Père avait tout remis entre ses mains, qu’il était venu d’auprès de Dieu et allait retourner auprès de lui “(v.3). Le récit suggère au minimum que Jésus n’a pas considéré que laver les pieds des disciples était incompatible avec la ressemblance de Dieu. Mais le texte va probablement plus loin : à cet instant, Jésus était poussé par le désir de faire quelque chose d’incomparable, de semblable à Dieu et de divin, et il a considéré l’accomplissement de cette tâche servile comme l’action qui mieux que toute autre serait conforme au fait qu’il venait de Dieu et retournait vers Dieu. C’est précisément parce qu’il était Dieu qu’il n’a pas fait valoir ses droits. Laver les pieds de ses disciples semblait alors le mieux exprimer à cet instant précis, ce que justement Dieu était en train de faire pour l’homme en s’incarnant et en allant bientôt mourir pour lui. Ce passage révolutionne l’image que nous nous faisons de Dieu (les miracles, tes que la résurrection de Lazare, sont des signes qui attestent que Jésus est Fils de Dieu, mais ” nous nous attendons ” à de tels prodiges de la part de Dieu, par contre laver les pieds de ses disciples est incroyablement plus surprenant). Nous croyons en un Dieu glorieux, majestueux et saint…et nous faisons bien, mais l’idée que nous avons de ces attributs est déformée. Nous ne voyons pas Dieu tel qu’il est…..

L’amour de Dieu au coeur de notre amour pour les autres

  1. Que nous invite ce texte à expérimenter ?
  2. Qu’est-ce qui d’après ce texte semble au coeur de l’amour (divin) ? Qu’est-ce qui permet à Jésus de ne pas regarder à lui-même ? Quel est l’enseignement en pratique pour nous vis-à-vis des autres ?
  3. En tant qu’humain nous avons tendance à dissocier Dieu et l’amour, alors que le Bible nous dit que ” Dieu est amour “, pourquoi ?
” Je viens de vous donner un exemple, pour qu’à votre tour vous agissiez comme j’ai agi envers vous “(v.15) & ” Si vous savez ces choses vous êtes heureux à condition de les mettre en pratique “(v.17). Nous recherchons la considération des autres, à être aimés, or Jésus nous montre que le véritable amour consiste non pas à regarder à ses propres droits (” Car le Fils de l’homme est venu, non pour se faire servir, mais pour servir lui-même… ” Marc 10.45 ), mais à regarder à ce qui concerne les autres. Jésus sait qui il est (Fils de Dieu), et c’est pour cela qu’il n’est pas centré sur lui-même, mais parfaitement altruiste. Nous ne sommes certes pas Jésus-Christ, mais nous pouvons à sa manière pleinement expérimenter notre identité d’enfant de Dieu, afin d’arriver dans notre vie à renoncer à nos propres droits (et à ce que nous croyons qui nous est dû) et ce notamment parce que Jésus a promis de venir habiter en nous par son Esprit. Jésus nous montre en effet que c’est dans la nature même de Dieu de renoncer à ses droits (c’est sans doute un des points qui nous tient le plus éloigné de Dieu), il nous enseigne que le désir de servir est au coeur de la divinité, et que ce désir de servir, peut-être mieux que toute autre chose, est le reflet le plus fidèle de l’amour….selon Dieu. Nous avons tendance à enfermer Dieu dans des boîtes religieuses, or ” Dieu est amour ” ( 1 Jean 3.8 ). Ainsi, même si nous ne le comprenons pas toujours, car notre coeur est profondément révolté contre Dieu, ce sont dans les gestes d’amour les plus simples (on parle ici d’amour ininteressé) dont nous sommes capables, que s’exprime sans doute le plus clairement l’ultime image de Dieu qui reste en nous. L’amour est la dernière connexion entre la terre et le ciel, car ” maintenant donc ces trois choses demeurent : la foi, l’espérance, l’amour ; mais la plus grande de ces choses c’est l’amour. ” ( I Cor 13.13 )
Je vous propose de finir comme nous avons commencé par… une citation qui réconcilie assez bien je crois l’amour et Dieu : ” L’amour est l’ultime signification de tout ce qui nous entoure. Ce n’est pas un simple sentiment, c’est la vérité, c’est la joie qui est à l’origine de toute création. ”
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