La conversion

Les protestants évangéliques s’inscrivent dans « un christianisme de conversion » pour reprendre l’expression du sociologue-historien Sébastien Fath. On ne naît pas chrétien on le devient, il faut naître de nouveau, d’en Haut, de l’Esprit pour devenir enfant de Dieu.

Qu’on vienne d’un milieu authentiquement païen ou bien déjà croyant, qu’il soit flash ou bien progressif, il y a un avant et un après cet instant où l’on prend la décision d’appartenir au Seigneur Jésus. Mais au-delà d’une nouvelle orientation de cœur (par définition intérieure) et d’une confession de foi (qui ne donne aucune garantie de faisabilité et de durabilité), quel est le critère principal qui marque la conversion à Jésus, le passage « des ténèbres à son admirable lumière» (1 Pierre 2.9) ?

C’est à la fin qu’on comprend qu’il y a eu un début

Jésus donne une réponse très claire à la fin de l’évangile de Matthieu (24.36-25.46) avec 5 paraboles sur la fin des temps qui mettent en scène 2 types de personnes au sein d’un même groupe. Voici un tableau qui vous permettra peut-être de deviner ce critère :


 

D’après ces enseignements, quelqu’un qui est réellement converti au Roi Jésus est un esclave qui se tient prêt, qui reste fidèle alors que le Maître tarde à venir. Comment est-il fidèle ? Simplement en obéissant, en accomplissant les tâches qui lui ont été assignées. Ce qui est dérangeant avec ces paraboles c’est que finalement… on est sauvé par les oeuvres ! Attention, c’est bien sûr par la foi en Jésus qu’on est sauvé mais s’il n’y a pas de fruits derrière la confession de foi, ça veut dire qu’il n’y a pas de foi du tout (Jacques rappellera cette vérité 15 ans plus tard). Quand on croit en Jésus, on se préoccupe premièrement de son Royaume, on fait tout pour que son règne vienne. La caractéristique des méchant(e)s des paraboles c’est que, malgré le fait qu’ils font partie du groupe des serviteurs, ils négligent des affaires de leur maître ! D’ailleurs au chapitre précédent, Jésus prononce un réquisitoire très sévère contre les chefs religieux. Leur crime ? L’hypocrisie car ils font mine de servir Dieu alors qu’ils se servent eux-mêmes.

Quelles sont les attentes du Maître ?

Dans l’évangile de Matthieu, Jésus désire quelque chose de très naturel : que ses disciples l’imitent. Et à quoi passait-il ses journées ? « Il proclamait la Bonne Nouvelle du règne de Dieu et guérissait toute maladie et toute infirmité » (Mt 4.23, 9.35). Il est donc normal de le voir transformer quatre marins en pêcheurs d’hommes (Mt 4.9), donner aux 12 le pouvoir d’annoncer que le Royaume de Cieux est proche ainsi que guérir des malades (Mt 10.6-8) et enfin de les envoyer faire de toutes les nations des disciples (Mt 28.19). Alors, logiquement, le livre des Actes nous décrit des apôtres qui veulent consacrer tout leur temps à proclamer, enseigner et guérir. Ils nomment même des diacres pour les remplacer à des tâches moins prioritaires. La logique est toujours la même : il faut faire avancer le Royaume de Dieu en contribuant à ce qu’un maximum d’humains se tournent vers Jésus et soient de plus en plus transformés par l’Esprit Saint.

Mise en garde troublante

Quels que soient les dons, le métier d’une personne, celle-ci doit contribuer à proclamer Jésus. Et ces paraboles disent quelque chose d’essentiel : on peut se déclarer chrétien et ne pas faire son travail correctement, c’est à dire ne pas atteindre le but du service : inciter à adorer Jésus. Attention, faillir ne veut pas dire ne rien faire ! On peut être très occupé tout en étant complètement inefficace/infidèle. On peut passer toute une vie chrétienne à faire du social, des milliers d’heures de réunions, monter des tonnes de projets, parler à des jeunes pour qu’ils croient qu’être chrétien c’est trop cool… mais ne pas proclamer l’Évangile à tous ceux qui en ont besoin. Cela interroge donc la finalité de nos actions : donnons-nous le maximum de notre temps, de notre énergie et de notre argent à faire connaître Jésus ? Si la réponse est « non », il y a un gros problème car nous avons été sauvés pour ça ! Que dit Jésus aux serviteurs qui ont prophétisé, chassé des démons, accompli des miracles mais… qui ne lui servent à rien ? « Je ne vous ai jamais connu ! » (Mt 7.21-23)

Vous êtes convertis ? Alors prouvez-le en témoignant de Jésus… afin que d’autres se convertissent.

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