Top 5 des expressions bibliques encore utilisées de nos jours

Le monde se déchristianise à vue d’oeil, c’est bien connu ! Pourtant, on entend encore régulièrement des personnes utiliser, parfois à leur insu, la matière biblique pour s’exprimer. Répertorions ces expressions qui affleurent encore dans le langage courant.

 

N° 5 : Rien de nouveau sous le soleil !

Si l’Ecclésiaste s’était imaginé qu’au 21ème siècle on le citerait encore ! Et l’air de rien, à chaque fois que quelqu’un dit qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil, à la télé ou dans la rue, c’est pour appuyer sur le fait que malgré les progrès technologiques et autres évolutions culturelles il reste des choses parfaitement immuables dans l’histoire humaine : problèmes existentiels, relationnels, moraux, etc. Finalement, quiconque s’arrête pour réfléchir constate que les nouveautés n’apportent rien de fondamentalement nouveau et donc ne nous rassasient pas. Mais justement, dans notre société de la distraction, la vanité dénoncée par l’Ecclésiaste a pris le contrôle de nos vies en nous bombardant de divertissements abrutissants, d’informations brutes, invérifiables et inutiles. La vanité a fractionné notre temps de concentration, perturbé notre esprit d’analyse et nous a plongés dans le trou noir d’une éternelle instantanéité. Pour le sage des temps bibliques, la poursuite du vent était vécue comme une malédiction poussant à chercher du côté de Dieu une raison valable de vivre. A contrario, pour l’humain d’aujourd’hui, c’est devenu une compétition internationale ! On voit la vanité mais on ne la dénonce plus : on la recherche. Là encore, rien de nouveau sous le soleil puisque les contemporains de l’Ecclésiaste penchaient déjà du côté obscur de la force… sauf que 2500 ans après, les progrès technologiques permettent à la tour de Babel de grandir encore plus vite et efficacement vers l’aliénation totale. Mais la bonne surprise c’est qu’un homme nouveau est apparu un jour sous le soleil et qu’il permet à toute personne qui met sa foi en lui de changer de manière de vivre. Depuis 2000 ans, il y a donc du nouveau sous le soleil : les millions d’humains ont été sauvés de la vanité pour rendre gloire à leur Créateur. C’est pas du progrès, ça ?

 

N°4 : C’est une pauvre brebis égarée 

L’expression est employée pour désigner quelqu’un ayant un comportement qui détonne par rapport à la norme. En cela on respecte le sens de la parabole de Jésus (Luc 15). Par contre, c’est souvent avec une certaine dose d’ironie qu’on fait cette citation : celle qui est vue comme une pauvre petite brebis égarée est en fait considérée comme une rebelle courageuse, en avance sur son temps face à l’abominable conservatisme d’une foule bien-pensante. Or, dans la logique du Maître, il est moins question d’excentricité que de danger de mort : la brebis isolée et éloignée du berger-protecteur risque fort de se faire dévorer. Et c’est bien parce qu’elle expérimente ce sentiment de perdition et de désespoir que sa vision du monde change, qu’elle éprouve de la joie d’avoir été retrouvée. En cela, elle acquiert un avantage sur les 99 autres brebis qui ne comprennent pas la chance qu’elles ont d’être protégées. Le but de la parabole est donc de se demander si l’on se rend compte de l’extrême dangerosité de ne pas avoir Jésus pour berger. Toute brebis est égarée, morte quand elle ne comprend pas la valeur d’être avec Lui.

 

N°3 : C’est David contre Goliath

Dès qu’une grosse équipe en affronte une autre plus modeste on parle de petit poucet. Mais si d’aventure celle-ci, contre toute attente, gagne la partie on ressort l’histoire biblique de son placard. Et il faut dire que cette comparaison est particulièrement justifiée ! Nous sommes au milieu d’une guerre entre les Philistins et les Israélites. David est un peu ridicule face au champion du camp adverse (2 Samuel 17) : alors que celui-ci est une armoire à glace et un soldat aguerri, le petit berger n’est même pas capable de porter l’armure du roi Saül ! Pourtant, David a un truc que personne n’a dans chacun des deux camps : une foi inébranlable. Dans tout le récit, David répète plusieurs fois une chose bien plus importante que le combat en lui-même : Si Israël a été choisi par Dieu, il n’y a aucune raison de craindre Goliath. Dieu donne la victoire à son peuple, c’est un fait qu’il faut croire ! Ainsi, avant de terrasser le géant, il lui dit : “Tu viens à moi avec l’épée, la lance et le javelot ; moi, je viens à toi au nom du SEIGNEUR (YHWH) des Armées, le Dieu des troupes d’Israël, que tu as défié.” et “Ainsi toute cette assemblée saura que ce n’est ni par l’épée ni par la lance que le SEIGNEUR sauve. Car le combat appartient au SEIGNEUR, et c’est lui qui vous a livrés à nous.” Ça claque, non ? On utilise l’expression “c’est David contre Goliath” pour sous-entendre qu’il faudrait un véritable miracle pour que la logique soit renversée et c’est en accord total avec l’histoire d’origine. Par contre, il serait plutôt logique de se tourner vers l’auteur du miracle pour l’adorer, non ?

 

N°2 : Être un bon samaritain

Aujourd’hui, être un bon samaritain veut dire être quelqu’un de serviable, voire héroïque. Pourtant cette expression est un véritable oxymore à l’époque de Jésus ! La Samarie est une province entre la Judée au sud et la Galilée au nord. Au 1er siècle un juif qui dit du bien d’un samaritain, c’est comme un lyonnais qui dit du bien d’un stéphanois, un lorrain qui aime un mosellan, un basque qui admire un landais, un français qui envie un belge, un marseillais (ou tout autre français) qui dit la moindre chose positive d’un parisien ! C’est donc l’histoire d’un mec méprisable (samaritain) qui est le seul à aider un juif agonisant sur le bord d’un chemin (Luc 10). Avant lui, des religieux hautement respectés sont passés sans s’arrêter mais lui, il fait ce qu’il faut. Si Jésus raconte cette histoire, c’est pour donner une leçon à ses interlocuteurs : aimer son prochain n’est pas une question de nationalité ou de pedigree, c’est une question de coeur. Quand un ennemi ou quelqu’un qu’on méprise fait bien mieux que soi sur le plan moral, ça fait réfléchir… et ça fait un peu mal à l’amour propre. Cela se vérifiera quelques années plus tard quand un nombre impressionnant de samaritains et de Païens mettra sa foi en Jésus pendant que les autorités juives persécuteront les chrétiens. Ce n’est pas avec une appellation qu’on prouve son attachement au Seigneur mais par des actes concrets.

 

N°1 : Oeil pour oeil, dent pour dent !

Il y a encore énormément de films où l’un des protagonistes fait cette déclaration pour annoncer qu’il y a de la vengeance dans l’air. Là encore, c’est en conformité avec le contexte biblique… à condition que la peine soit proportionnée au crime. Rappelons que cette dispositions de la loi de Moïse est donnée dans un contexte où 1) il n’y a pas de forces de l’ordre ou de cours de justice et où 2) il faut prévenir des vengeances démesurées (exemple : tu me crèves un oeil, je tue toute ta famille et je brûle ta maison). C’est donc une volonté de justice adaptée au 13ème siècle avant notre ère qui se cache derrière “Oeil pour oeil, dent pour dent”. Pourtant, Jésus vient abroger cette disposition :

Mt 5.38 Vous avez entendu qu’il a été dit : OEil pour oeil, et dent pour dent. 39 Mais moi, je vous dis de ne pas vous opposer au mauvais.

  • Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, tends-lui aussi l’autre.
  • 40 Si quelqu’un veut te faire un procès pour te prendre ta tunique, laisse-lui aussi ton vêtement.
  • 41 Si quelqu’un te réquisitionne pour faire un mille, fais-en deux avec lui.
  • 42 Donne à celui qui te demande, et ne te détourne pas de celui qui veut t’emprunter quelque chose.

Les 4 cas cités par Jésus (que nous n’avons pas le temps de développer alors il faut me croire sur parole) traitent tous d’humiliation. Il n’est donc pas question ici d’encourager l’anarchie, l’injustice des autres par l’inaction ou le silence car cela cadrerait très mal avec le statut divin de Jésus : il a le mal en horreur alors il ne peut encourager ses disciples à être les complices de ce mal par leur passivité ! Cela signifie simplement qu’il ne faut pas chercher à se faire justice soi-même. En fait, l’enseignement de Jésus n’est pas un projet de société (qui possède déjà des instances romaines de justice et de maintien de l’ordre) mais traite de la manière dont ses disciples doivent se comporter avec leur entourage (famille, voisins, etc.) qui les humilie à cause de leur foi. Un disciple de Jésus ne doit pas être aussi stupide, méchant, sadique que son ennemi. Au contraire, il doit prendre le Mal à contre-pied. Le but de tout cela ? Ressembler au Père (qui est parfait) et interpeller les gens bref, rendre visible la “Jesus Revolution” ! C’est de cette manière que les chrétiens des 3 premiers siècles ont réagi à la persécution. Bien sûr ils en sont morts… mais ils ont aussi beaucoup impressionné les spectateurs de leur massacre et c’est comme ça que le christianisme (cette religion de losers) s’est propagé. C’est ce qui a fait dire à Tertullien “le sang des martyr est une semence”. C’est une autre logique, bien plus efficace, que “oeil pour oeil”, n’est-ce pas ?

 

Et vous ? Pourriez-vous citer d’autres expressions françaises contenant une référence bibliques ?

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1 Response

  1. Vola dit :

    Qu’on lui jette la première pierre 🙂

    Et les paroles polissonnes du brave Georges Brassens dans “A l’ombre des maris”: Ne jetez pas la pierre à la femme adultère,
    Je suis derrière…

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