1 Pierre 1.1-12 : Une espérance vivante

Comment réagir quand on est devenu enfant de Dieu mais que ce nouveau statut n’apporte pas un succès particulier ou même n’attire que des problèmes ?

C’est la question à laquelle Pierre veut répondre en écrivant cette lettre aux chrétiens de Turquie actuelle. Dès les premiers versets, Pierre remet très efficacement les choses en ordre. Posons-nous 3 questions qui nous permettront d’analyser cette introduction :

Classons maintenant les différentes affirmations de Pierre dans notre tableau :

Dieu sait ce qu’il fait

Ici il y a de très bonnes raisons d’être contents ! Le socle du bonheur c’est qu’au passé (ils ont été désignés d’avance v.2, prévus d’avance par l’Esprit v.11), au présent (attristés pour un peu de temps v.6) et au futur (Salut prêt à être révélé dans les derniers temps. v.5) Dieu contrôle l’histoire.

Pour bien appuyer sur ce point, Pierre va utiliser l’ensemble de la révélation biblique.

Aboutissement de l’Ancienne Alliance

Pierre fait commencer l’histoire avant la fondation du monde : il y a les anges qui regardent avec admiration le plan de Dieu se dérouler, il y a « la prédestination » de ces chrétiens qui ont été consacrés par l’Esprit et aspergés du sang de Jésus : c’est un vocabulaire emprunté à la loi de Moïse. 

Et puis il y a bien sûr la référence aux prophètes mais en fait, il y a 2 thèmes moins visibles de prime abord :

  • celui des israélites : étrangers dans la diaspora au v.1 (réf. à l’exil mais aussi à Abraham), héritage au v.4 (réf. à la terre promise pour les hébreux mais aussi pour les prophètes), le Salut (réf. à l’appartenance au peuple de Dieu)
  • Celui de la souffrance : Prophéties (des prophètes qui souffraient) de gloire future > Jésus qui souffre puis glorieux (11) > chrétiens qui souffrent puis gloire (6-7). Les chrétiens sont comme Jésus, comme des prophètes de la Nouvelle Alliance. 

On peut donc dire que les chrétiens :

1) souffrent comme les autres humains (solidarité adamique) mais

2) sont aussi l’aboutissement de de libération initiée avec Abraham.

3) Pourtant ils attendent encore un Salut total, glorieux, impérissable.

Bref, les chrétiens vivent entre le « déjà » et le « pas encore » et c’est délicat car ce qui est acquis est encore assez conceptuel, intérieur.

Point de vue et priorité céleste (image du creuset)

C’est pourquoi, par rapport à une souffrance bien réelle, Pierre invite ces chrétiens à se tourner vers le « pas encore », vers les réalités célestes… mais pas pour trouver une échappatoire ! C’est plutôt pour donner un sens à ce qui leur arrive.

En effet, il y a 2 choses qui peuvent motiver ces chrétiens à persévérer dans la foi :

La métaphore du creuset : La foi éprouvée est encore plus précieuse que l’or passé au creuset (7). Il ne s’agit donc pas de nier la dureté de la douleur mais de la transcender en appuyant sur sa finalité. Il y a d’ailleurs un gros parallèle entre cette foi terrestre qui perd en impuretés grâce l’épreuve (7) et « l’héritage impérissable, sans souillure, inaltérable, qui leur est réservé dans les cieux » (4) grâce… à leur foi ! Comme s’il devait petit à petit y avoir une similarité de plus en plus grande entre une foi pure et l’héritage parfaitement pur du Royaume des Cieux. Il y a un rapport entre ce qu’on vit ici et maintenant et le Salut des derniers temps. Notre vie est une préparation, une répétition de ce que nous allons vivre quand nous serons près du Seigneur. C’est d’ailleurs la 2nde motivation…

– Louange : Pour Pierre c’est encore un énorme encouragement car si au v.3 la louange est adressée à Jésus pour tout ce qu’il a fait en faveur de ses disciples, au v.7 la louange est adressée aux disciples par Jésus lui-même pour leur foi en Lui, malgré l’absence de preuves dont ils disposent ! Là encore, il y a l’idée d’une vie qui sert de test, de révélateur, de salle de musculation spirituelle. Le but de notre passage sur terre, c’est que notre foi soit un sujet de « louange, de gloire et d’honneur » (7) de la part de Jésus. 

Elle est pas belle la vie (éternelle) ?

Pour résumer, nous sommes l’aboutissement du plan de Salut que Dieu a élaboré dès avant la fondation du monde et nous attendons le bouquet final qui viendra aussi certainement que nous sommes venus à la foi 4000 ans après Abraham. La question qui nous est posée par ce passage c’est : « La vivons-nous cette espérance vivante ? » Dans notre quotidien, sommes-nous stimulés, excités par la perspective de voir Jésus un jour ?

Les destinataires de la lettre étaient attristés par diverses épreuves, pourtant ils étaient aussi transportés d’allégresse (6) et d’une joie indicible et glorieuse (8) à cause de leur conviction de faire partie de l’histoire du Salut et de recevoir un jour un héritage merveilleux. 

Nous aussi nous vivons dans un monde qui ne tourne pas rond, qui est manipulé par Satan. Notre foi en Jésus est souvent méprisée, notre identité d’enfants de Dieu ne fait pas la une des journaux et ne bouleverse pas notre entourage… elle ne révolutionne même pas notre vie d’Église ! Nous avons encore de nombreux défauts et nous vivons nous aussi les mêmes épreuves, les mêmes drames que tout le monde. La plus grossière erreur que nous puissions commettre, c’est de croire que ce monde est le nôtre. Si c’était le cas, nous aurions toutes les raisons de déprimer, de croire que Dieu nous a abandonné ou, pire, que nous nous sommes fait un film et que Jésus n’a jamais été de qu’on a dit de lui. 

Par contre, si nous avons cette espérance vivante, nous savons que notre Père contrôle tout et que nous ne devons pas regarder aux circonstances mais à ce qu’il a déjà fait, ce qu’il fait et ce qu’il a promis de faire. L’espérance vivante nous permet de trouver du sens… même à ce que nous ne comprenons pas. Ce sens est simple : l’Esprit Saint veut accomplir une superbe œuvre dans notre vie et il utilise toutes les circonstances de la vie pour le faire. Mais encore faut-il comprendre le plan de Dieu, encore faut-il le vivre. 

Il y a une différence entre croire, comprendre et vivre. 

Nous sommes des résistants qui oeuvrent pour la libération de leur pays occupé, qui n’en voit pas encore les fruits, qui sont condamnés à vivre dans les privations, la clandestinité et avec un avenir dangereux, très invertain… mais qui sont persuadés que la victoire finira forcément par arriver. Croyez-vous qu’elle va arriver cette victoire ? Croyez-vous que chaque jour, chaque circonstance est voulu par Dieu et que chacune de nos réaction est regardée par Lui et qu’il attend que nous luttions  ? Si vous croyez que la victoire va arriver, ne vous occupez pas des signes mais battez-vous en obéissant à notre général : le Seigneur Jésus. 

Éph 1. 16-19 : Je fais mention de vous dans mes prières, 17 afin que le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père glorieux, vous donne un esprit de sagesse et de révélation qui vous le fasse connaître ; 18 qu’il illumine les yeux de votre coeur, pour que vous sachiez quelle est l’espérance qui s’attache à son appel, quelle est la glorieuse richesse de son héritage au milieu des saints, 19 et quelle est la grandeur surabondante de sa puissance envers nous qui croyons, selon l’opération souveraine de sa force.

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