Votre attention, s’il vous plait !

L’épisode des 3 amis de Daniel dans la fournaise de Nabuchodonosor est un grand classique de la Bible. Pourtant, vous souvenez-vous de la raison pour laquelle ils ont connu cette situation tragique ?

Il y a des passages bibliques qui nous rappellent que l’humanité n’a pas changé. (Re)lisez-le en observant comment se passent les choses :

Daniel 3.1 Le roi Nabuchodonosor fit une statue d’or haute de soixante coudées et large de six coudées. Il la dressa dans la vallée de Doura, dans la province de Babylone. 2 Le roi Nabuchodonosor fit convoquer les satrapes, les intendants et les gouverneurs, les magistrats, les trésoriers, les juristes, les juges et toutes les autorités des provinces, pour qu’ils se rendent à l’inauguration de la statue qu’avait dressée le roi Nabuchodonosor. 3 Alors les satrapes, les intendants et les gouverneurs, les magistrats, les trésoriers, les juristes, les juges et toutes les autorités de la province se rassemblèrent pour l’inauguration de la statue qu’avait dressée le roi Nabuchodonosor. Ils se placèrent devant la statue qu’avait dressée Nabuchodonosor. 4 Le héraut cria avec force : Voici ce qu’on vous ordonne, gens de tous peuples, nations et langues ! 5 Au moment où vous entendrez le son du cor, de la flûte, de la cithare, de la sambuque, du psaltérion, de la cornemuse et de toutes sortes d’instruments de musique, vous vous prosternerez pour adorer la statue d’or que le roi Nabuchodonosor a dressée. 6 Quiconque ne se prosternera pas pour l’adorer sera jeté à l’instant même dans une fournaise ardente.

7 C’est pourquoi, au moment où tous les peuples entendirent le son du cor, de la flûte, de la cithare, de la sambuque, du psaltérion et de toutes sortes d’instruments de musique, les gens de tous peuples, nations et langues se prosternèrent pour adorer la statue d’or qu’avait dressée le roi Nabuchodonosor.

Bien sûr, Shadrak, Méshak et Abed-Nego vont refuser de plier le genou devant l’idole représentant le roi et en paieront le prix. Mais avez-vous remarqué ce qui provoque et convoque cette adoration ? Une sorte d’orchestre liturgique qui donne le signal. Une musique qui force à se prosterner devant un objet, ça ne vous dit rien ? Une courte vidéo pour vous mettre sur la voie :

Au XXIème siècle, on pourrait trouver ridicule ces pratiques primitives consistant à être obligé d’adorer des statues ! En plus à un moment exact, décidé tout à fait arbitrairement, comme pour mieux contrôler la population. Pourtant, aujourd’hui il suffit d’entendre une notification pour qu’une envie irrépressible de regarder son smartphone monte au cerveau de n’importe qui. Ce n’est plus à certains moments liturgiques dans la journée et la semaine mais TOUT LE TEMPS. Les réseaux sociaux nous ont non seulement privés de tranquillité mais nous ont en plus rendus accros au dérangement, si bien que notre attention baisse et que l’humain version 2.0 arrive de moins en moins à se concentrer convenablement pendant une longue période.

Concentration et efficacité

Quels sont les secrets pour rester concentré sur une tâche à effectuer ? Faire une chose à la fois, ne pas être dérangé et faire de vraies pauses régulières. Or, le harcèlement des notifications nous détourne trop souvent de ce que nous avons à faire (ou à penser) et nous perdons le fil ! Nous pensons que nous pouvons faire plusieurs choses à la fois et que répondre à un courriel ou faire un petit tour sur Insta avant d’avoir fini le travail (ou la réflexion) n’aura aucune incidence : c’est faux ! Selon la loi de Carlson « le temps perdu à cause de l’interruption d’une tâche est supérieur au temps de l’interruption ». Nous savons tous qu’il faut faire régulièrement des pauses pour être productif mais nous croyons trop souvent que cela consiste à « scroller » sur les réseaux ou répondre à des messages : c’est faux ! Une véritable pause c’est laisser son cerveau divaguer, bouger, passer à un autre genre d’activité plus relaxante.

Tout comme « le son du cor, de la flûte, de la cithare, de la sambuque, du psaltérion » forçait les babyloniens à se prosterner devant la statue de Nabuchodonosor, les notifications nous forcent à adorer nos écrans… ou plutôt les distractions plus ou moins intelligentes qu’ils génèrent. Nous pensons que nous manquons du temps mais en fait nous sommes moins efficaces car il nous est confisqué par ces idoles qui fatiguent notre cerveau et pompent notre énergie.

On entend souvent dire que la durée d’attention d’un public « passif » est de 10-15 minutes pendant un discours magistral et que, par conséquent, une prédication ne devrait pas excéder cette durée. Là aussi, c’est inexact ! S’il est vrai que l’attention d’une majorité de personnes commence à décliner au bout de 15 minutes, elle est encore satisfaisante au bout de 30 minutes… à condition que l’attention du public reste dirigée sur un discours captivant et non sur des distractions numériques. Car la concentration, soit on la travaille soit on la perd petit à petit.

Économie de l’attention

Chaque jour, Tiktok, Insta, Whats’App, etc. gagnent de l’argent en captant le plus longtemps et le plus fréquemment possible notre attention. Et nous… et bien nous sommes tout à fait consentants à être exploités ! Oui, vous avez bien lu : EXPLOITÉS. Car ne croyons pas que ces entreprises qui chatouillent sans vergogne notre circuit de la récompense en nous bombardant de dopamine ne pensent qu’à nous faire du bien. « Si c’est gratuit, c’est vous le produit » dit l’adage des informaticiens qui nous renvoie à la grande thématique biblique de l’idolâtrie : alors que l’adorateur croit que l’idole va lui faire du bien, qu’il va pouvoir la manipuler, elle et son univers spirituel, pour arriver à ses fins, c’est finalement lui qui a été abusé ! Car il a gâché son temps, son argent et son énergie pour se fabriquer, entretenir et vénérer un objet qui nous seulement n’a aucun pouvoir mais qui en plus l’aura appauvri intellectuellement, spirituellement et financièrement ! C’est ce que décrit le prophète Ésaïe dans ce passage superbement ironique :

12 L’artisan ferronnier | appointe son burin,
le passe dans les braises
et, à coups de marteau, | façonne son idole,
avec la force de son bras.
Mais, sitôt qu’il a faim,
il n’a plus d’énergie,
et s’il ne boit pas d’eau,
le voilà qui faiblit !
13 Et voici le sculpteur : | il a tendu sa corde,
trace l’oeuvre à la craie
puis, avec le ciseau, | il l’exécute,
et il la dessine au compas.
Il la façonne ainsi | d’après la forme humaine,
et à la ressemblance | d’un homme magnifique
pour qu’elle habite un temple.
14 Il a coupé des cèdres,
ou bien il s’est choisi | du cyprès ou du chêne
qu’il a laissé | devenir bien robuste
parmi les arbres des forêts,
ou bien il prend un pin | qu’il a planté lui-même,
que la pluie a fait croître.
15 Or, l’homme se sert de ces bois | pour les brûler,
il en prend une part | pour se chauffer,
il allume le feu | pour y cuire son pain.
Avec le même bois, | il fait un dieu,
et il l’adore ;
il fabrique une idole
et se prosterne devant elle.
16 La moitié de ce bois, | il l’a livrée au feu ;
grâce à cette moitié, | il mange de la viande,
il fait cuire un rôti, | et il s’en rassasie.
Il prend aussi | une part de ce bois | pour se chauffer et dit :
« Qu’il fait bon avoir chaud
et voir la belle flamme ! »
17 Quant au reste du bois, | il en fait une idole, | il la prend pour son dieu,
il se prosterne devant elle | et il l’adore.
Il l’invoque et lui dit : | « Délivre-moi
car toi, tu es mon dieu ! »
18 Ils sont sans connaissance, | ils ne comprennent rien, | et ils n’ont pas d’intelligence.
On a bouché leurs yeux
afin qu’ils ne voient pas,
on a fermé leur coeur | afin qu’ils ne saisissent pas.
19 Aucun ne réfléchit,
aucun n’a de savoir
ni assez de raison | pour se dire en lui-même :
« J’ai brûlé la moitié | de mon bois dans le feu,
j’ai aussi cuit du pain | sur les braises du bois,
j’ai rôti de la viande | dont je me suis nourri,
et de ce qui restait, | j’ai fait une abomination,
je me suis prosterné | devant un bout de bois ! »
20 Il se repaît de cendres,
car son coeur abusé | l’a mené dans l’erreur,
il ne sauvera pas sa vie
et ne dira jamais :
« Ce que je tiens en main, | n’est-ce pas une tromperie ? »

Ésaïe 44.12-20

L’idolâtrie a l’air de nous faire du bien, de nous servir mais en réalité elle nous aliène en détournant le plaisir que nous pourrions trouver en Dieu (et tout ce qu’il met à notre disposition) vers de pâles imitations, des ersatz qu’elle a fabriqués pour nous affaiblir, nous faire du mal. Mais bien entendu, derrière ce système néfaste pour notre santé physique et mentale se cache celui qui est l’ennemi de nos âmes, le premier des meurtriers, l’arnaqueur en chef pour notre plus grand malheur : le Satan.

Résistance !

Shadrak, Méshak et Abed-Nego, les 3 amis de Daniel, vont refuser de plier le genou devant l’idole représentant le roi parce qu’ils veulent rester fidèles au Seigneur et ne pas trahir le commandement fondamental. Et nous ? Sommes-nous de leur trempe ou nous laissons-nous happer par la première tentation qui passe sous notre nez (ou le premier son de cor – flûte -cithare -sambuque – psaltérion) ? Avons-nous bien compris, comme eux, où sont nos intérêts ou bien chérissons-nous ce qui est en train de nous détruire à petit feu ? Rappelons que ce qui fait notre valeur fondamentale, ce qui garantit notre dignité humaine et notre développement intellectuel, technique, civilisationnel, c’est de définir notre existence en rapport de dépendance avec Dieu notre Créateur qui a fait de nous ses représentants, ses images, ses… idoles sur terre. Le rôle (sur)naturel des disciples de Jésus est donc de résister à ce courant aliénant, de ne pas plier servilement le genou quand ils entendent les notifications leur donnant l’ordre de regarder leur idole de poche.

Comment faire pratiquement ?

Comme d’habitude en imitant le Maître ! Quand il a été tenté d’éviter la Croix en se prosternant devant le Satan (Matthieu 4) ou en se défaussant au dernier moment (Matthieu 26) Jésus a eu le bon réflexe : ne pas focaliser son attention sur les circonstances défavorables ou le plaisir immédiat mais sur le plan de Dieu, sa volonté qui seule compte. Cette détermination à accomplir coûte que coûte sa mission est précisément ce qui nous a sauvés. Alors devant toutes les distractions positives ou négatives qui s’offrent tous les jours à nous, l’exemple de Jésus démontre qu’il est absolument vital de bien connaître et comprendre la vision du monde biblique pour ne pas se faire arnaqués mais aussi bien intégrer qui nous sommes aux yeux de Dieu et ce qu’il attend de nous au quotidien. Notre identité en Christ doit forcément avoir des répercussions pratiques et visibles qui nous différencient de tous ceux qui sont pas conduits à l’Esprit Saint :

Vous ne devez plus vivre comme les païens, qui suivent leurs pensées vides de sens. 18 Ils ont, en effet, l’intelligence obscurcie et sont étrangers à la vie que Dieu donne, à cause de l’ignorance qui est en eux et qui provient de l’endurcissement de leur coeur. 19 Ayant perdu tout sens moral, ils se sont livrés à l’inconduite pour se jeter avec frénésie dans toutes sortes de vices.

20 Mais vous, ce n’est pas ainsi que vous avez appris ce que signifie pour vous le Christ, 21 puisque vous avez compris ce qu’il est et qu’on vous a enseigné, à vous qui êtes chrétiens, ce qui est conforme à la vérité qui est en Jésus. 22 Cela consiste à vous débarrasser de votre ancienne manière de vivre, celle de l’homme que vous étiez autrefois, et que les désirs trompeurs mènent à la ruine, 23 à être renouvelés par le changement de ce qui oriente votre pensée, 24 et à vous revêtir de l’homme nouveau, créé conformément à la pensée de Dieu, pour mener la vie juste et sainte que produit la vérité.

Éphésiens 4.17-24

Alors résistons aux injonctions esclavagistes et recherchons notre épanouissement et notre bonheur en Jésus seul !

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