Jacques 1.1-18 – rejoins la contre-culture de Dieu

Jacques se trouve dans les lettres vers la fin du nouveau testament. Des lettres qu’on appelle « générales » parce qu’elles n’ont pas de destinataires précis comme les romains, les corinthiens, etc., même si on a quelques indices sur ce que les destinataires de ce courrier vivaient.

L’auteur s’appelle Jacques, et on pense qu’il s’agissait du frère (biologique) de Jésus. Il est super connu parmi les chrétiens du premier siècle.

Il écrit à des chrétiens en grandes difficultés en développant 3 thématiques principales qui s’entremêlent :

  • Épreuve, tentation et persévérance
  • Sagesse, prière et bon/ mauvais usage de sa langue
  • Riches, pauvres et solidarité (spoiler alert : c’était un problème parmi les chrétiens de l’époque !)

Jacques 1.1-18

Contreculture

Si tu lis ta Bible et que tu souhaites y obéir, tu as remarqué qu’elle proposait souvent des idées ou des réactions en décalage avec ton monde au lycée : et c’est normal ! Spoiler alert, ça va encore être le cas aujourd’hui. Jacques écrit à une église en souffrance. Elle en est à ses débuts, se séparant du judaïsme, et cela ne se fait pas sans difficultés : rejet (des juifs), opposition, persécution. Il se peut que certains nouveaux convertis aient perdu leur emploi par persécution, et se retrouvent dans des situations de pauvreté. Jacques écrit pour les encourager.

Ces quelques versets sont étonnants. Il aborde plusieurs thématiques (richesse/ pauvreté, épreuves, sagesse), d’un point de vue complètement opposé au mode de pensée « habituel » :

– qui se réjouit des épreuves ?  (v.2 et 12)

– quelle est l’élévation dont la personne « de basse condition » doit être fière ?? (v.9)

– quel riche est fier de son abaissement ? (v.10)

– quand un souci arrive, une réaction courante est de blâmer Dieu : « qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu / au ciel ? », et là, Jacques propose autre chose.

Regardons tout cela de plus près !

// Se réjouir des épreuves (v.2 à 8)

Jacques était-il doloriste (qui se complait dans la douleur) ? Non, il a une autre perspective : « l’épreuve de votre foi produit l’endurance », qui mène à la perfection. Ça pourrait passer pour un tik tok en mode « deviens la meilleure version de toi-même ». MAIS la différence tient dans ces mots : « de votre foi », c’est-à-dire, la confiance et l’obéissance à Dieu, souvent mises à rude épreuve dans les difficultés. On se pose des questions du genre « pourquoi moi ? », « Seigneur, est-ce que tu aurais pu empêcher cela ? », « Est-ce que tu m’aimes ? ». Les difficultés peuvent amener à avoir une fausse vision de Dieu. Dans ces moments-là, la foi doit prendre le relais : continuer à croire qu’il est bon, tout-puissant et qu’il m’aime. Cela demande de la persévérance !

Le but ? La perfection (v.4) qui nous fait ressembler à Christ, qui est allé au bout de la pire épreuve : mourir à la croix pour le péché de l’humanité.

Dieu nous laisse sa sagesse (v.5 à 8) pour avoir son regard sur la situation, celle qui a permis à Christ d’aller jusqu’au bout. Pour la demander « sans douter de l’avoir reçue », comparons notre attitude à celle de Christ : est-ce qu’on se soumet à la volonté de Dieu ?

// Être fier de ce qu’on n’est pas ! (v.9 à 12)

Les v.9 et 10 entrent dans le vif du sujet de l’épreuve : il y a des tensions entre riches et pauvres dans l’église. Jacques annonce que les pauvres sont élevés et les riches, abaissés. De quoi parle-t-il ? Pas de statut social. Ce n’est pas que le pauvre devient riche et le riche devient pauvre. Jacques dit que, devant Dieu, le pauvre qui se confie en lui est riche, et que les richesses du riche, devant Dieu, n’ont pas de valeur. Le pauvre est riche de sa foi en Dieu, et le riche est dépouillé de ses richesses terrestres qui n’ont pas de valeur éternelle. (Lis aussi Matthieu 6.19-21). Cela doit être une source de fierté pour le pauvre, comme pour le riche ! Devant Dieu, il n’y a qu’une richesse : le connaître. Voilà qui devrait mettre tout le monde d’accord : riches et pauvres ! Ce n’est pas trop ce qu’on a l’habitude de voir et d’entendre sur les réseaux ! L’homme qui comprend cela adopte une perspective autre sur sa condition, et il est déclaré « heureux » ! (v.12)

// Dieu est bon ! (v.13 à 18)

« Dieu n’existe pas, il y a trop de souffrances dans ce monde. » Tu as déjà eu ce genre de débats ? As-tu été toi-même tenté de le penser ? A l’époque de Jacques il y avait déjà ce genre de remarques : « je suis dans l’épreuve et c’est de la faute de Dieu ! ». Mais Jacques rappelle 2 choses :

– v.14-16, le péché amène dans l’épreuve ; pour les lecteurs de Jacques, les richesses et l’argent étaient au cœur du problème. Il parle de « mauvais désirs »,  et y fera aussi référence au chapitre 4. Si on ne désire pas les bonnes choses, ce qui vient de Dieu, alors nous risquons de nous fourvoyer.

– v.17-18, ce que Dieu donne est BON, à commencer par le salut (v.18), parce que cela reflète son caractère ! Il est bon de toute éternité, et ne change pas ! Dieu qui offre le salut révèle son caractère. Il ne peut pas envoyer l’épreuve pour nous tenter !

Dans l’épreuve, la réaction classique est de se centrer sur nous : notre vision des choses, notre souffrance, la faute des autres. Jacques offre une perspective à contre-courant : parfois il faut se remettre en question, et dans tous les cas, se décentrer de nous-mêmes pour nous centrer sur la bonté de Dieu !

>>> Des questions pour toi :

  • Quelle vision de Dieu as-tu dans les moments compliqués ? Est-ce un Dieu bon qui t’offre de le connaître, ou un Dieu un peu sadique qui cherche à te tester ?
  • Veux-tu de sa sagesse ? Prie pour adopter sa vision des choses !

Es-tu prêt(e) à accepter la contre-culture de Dieu ?

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