Penses-tu être quelqu’un de bien ? Pourquoi ? Penses-tu être qqn de mauvais ? Pourquoi ?
Parce que ce chapitre 3 contient un passage très connu, on passe trop souvent à côté des 3 versets qui l’introduisent. Pourtant, ils sont plutôt violents !
Philippiens 3.Au reste, mes frères, réjouissez-vous dans le Seigneur. Je n’éprouve aucun ennui à vous écrire les mêmes choses, et pour vous, c’est une sécurité.
2 Prenez garde aux chiens, prenez garde aux mauvais ouvriers, prenez garde aux partisans de la mutilation. 3 Car c’est nous qui sommes les vrais circoncis, nous qui célébrons le culte par l’Esprit de Dieu, qui mettons notre fierté en Jésus-Christ et qui ne mettons pas notre confiance dans la chair. 4 Moi, pourtant, j’aurais des raisons de mettre ma confiance dans la chair. (…)
Une question de sécurité
Contrairement à ce qu’on pourrait croire de prime abord, l’encouragement à « se réjouir dans le Seigneur » n’est pas un gentil conseil bien-être ! C’est une véritable protection contre un cancer de la foi.
Les ennemis
Au v.2, nous avons 3 « prenez garde » suivis à chaque fois d’un qualificatif péjoratif. De toute évidence, Paul a dans son viseur des enseignants qui prêchaient qu’il fallait devenir juif avant de devenir chrétiens. Ainsi, il qualifie la circoncision de « mutilation » et il traite de « chiens » des israélites alors que ce terme était d’habitude employé par eux pour désigner les païens ! Vous vous rendez compte ? Dire que la circoncision, le signe de l’alliance avec Dieu, est une mutilation ! C’est un pur blasphème puisque c’est un mépris pour un commandement de Dieu ! Et dire que des juifs qui encouragent à l’obéissance à la loi de Moïse, qui veulent la pureté et la sainteté sont des chiens, des animaux impurs, c’est profondément injuste ! Pourquoi l’apôtre est-il aussi remonté ?
La foi ou les œuvres ?
Il y a un problème théologique qui domine les débats au 1er siècle (et après) : la foi en Jésus suffit-elle pour être sauvé ou bien faut-il « devenir juif » (en se faisant circoncire) d’abord ? Pour Paul, la réponse est très très claire :
Jésus est venu accomplir les exigences de la loi à notre place. Il est le sacrifice parfait, le Grand-Prêtre parfait, le Temple parfait, il est celui qui rend pur, qui rend saint. Certaines dispositions de loi de Moïse sont donc caduques puisqu’elles sont désormais accomplies par Jésus. On est dans une Nouvelle Alliance, bien meilleure que la première.
Paul pousse le bouchon très loin pour affirmer cela : il dit que les juifs (avec leur circoncision et leurs autres rîtes) « mettent leur confiance dans la chair » alors que les chrétiens (dont beaucoup sont d’origine païenne) sont « les vrais circoncis ». C’est l’opposition entre une piété extérieure, de façade et un véritable « culte par l’Esprit de Dieu », une « fierté en Jésus-Christ ». Cette manière de présenter les choses qui inverse l’ordre habituel des valeurs a dû être très difficile à entendre pour des chrétiens d’origine juive ! Car depuis leur naissance et depuis des millénaires on leur a appris à obéir à la Loi et à cette époque, la Bible des chrétiens c’est encore l’Ancien Testament. Le temple de Jérusalem avec son Grand-Prêtre et ses sacrifices sont encore en place. Paul ose affirmer que non seulement tout ça ne sert plus à rien (c’est un faux/mauvais culte) mais encore que les rîtes ne servent qu’à faire dire à ceux qui les accomplissent « je me sauve moi-même ».
C’est extrêmement scandaleux, non ?
Deux passages
Paul ne prend pas l’exemple de la vraie/fausse circoncision au hasard. Il reprend le concept au prophète Jérémie :
Jérémie 9.24 Les jours viennent – déclaration du SEIGNEUR – où je ferai rendre des comptes à tous les circoncis : 25 à l’Egypte, à Juda, à Edom, aux Ammonites, à Moab, à tous ceux qui se rasent les tempes et qui habitent dans le désert ; car toutes les nations sont incirconcises, et toute la maison d’Israël est incirconcise de coeur.
Quelques années avant cette lettre aux philippiens, Paul avait déjà commencé à reprendre ce thème dans sa lettre la plus théologique :
Romains 2.29 Mais le Juif, c’est celui qui l’est intérieurement ; et la circoncision, c’est celle du coeur, selon l’esprit et non selon la lettre. La louange de ce Juif ne vient pas des hommes, mais de Dieu.
Depuis la résurrection et l’ascension de Jésus, il y a une seule manière d’être vraiment circoncis, c’est à dire d’entrer en Alliance, en relation avec Dieu : croire que SEUL Jésus, le fils de Dieu crucifié à notre place peut nous sauver. On ne peut jamais assez faire de choses pour se sauver soi-même, il n’y a que Jésus qui a pu accomplir l’acte parfait pour cela.
C’est pourquoi Paul continue ce chapitre en disant qu’il abandonne son parfait pedigree pour ne s’en remettre qu’à Jésus et qu’il ne pense plus qu’à une chose : participer à une course semblable à celle que Jésus a remportée en obéissant à Dieu.
L’Évangile en pratiques
- Rendre un culte à Dieu n’est pas suffisant. La plupart des religions ont un Dieu qu’il faut satisfaire. Et il y en a encore beaucoup qui considèrent Jésus comme important. Par contre, Jésus Fils de Dieu crucifié et ressuscité, il n’y a que le christianisme. Il faut donc faire attention quand nous parlons, chantons, prêchons, témoignons de ne pas être juif ou musulman ! Car dès qu’on ne parle plus de Jésus mais de Dieu en général, c’est ce qu’on devient un peu !
- La grâce est la notion centrale. Mais le cœur de l’Évangile, ce n’est pas encore la crucifixion/résurrection (qui sont en 2nde position) : la notion centrale, le truc qui n’existe nul part ailleurs que dans la foi chrétienne, c’est Le pardon/la grâce inconditionnelle de Dieu.
- Cela veut dire que quelqu’un de génial et gentil peut aller en enfer tandis que quelqu’un de bizarre et plein de défauts irritants peut aller au paradis. Cette réalité est dérangeante pour tout le monde… mais si ça nous dérange c’est que nous n’avons pas encore bien compris l’Évangile. Le critère qui importe, c’est avouer qu’on ne peut pas satisfaire Dieu et donc ne s’en remettre qu’à Jésus et seulement à lui. La nouvelle naissance, c’est simplement ça. C’est pour ça que ce sont ceux qui se reconnaissent malades qui ont besoin d’un médecin.
- Qu’est-ce qui nous sauve ? Une bonne éducation, de bonnes habitudes, un bon milieu social ? Non, c’est Jésus, simplement Jésus, seulement Jésus. Sans Lui, rien ne suffit. Sans Lui, je mérite l’enfer.
- En résumé : Jésus + rien = TOUT, Jésus + autre chose = RIEN




Est-ce que les célibataires vont bien ?