Êtes-vous du genre à voir le verre à moitié plein ou à moitié vide ?
1 Corinthiens 1.4 Je rends toujours grâce à mon Dieu, à votre sujet, pour la grâce de Dieu qui vous a été accordée en Jésus-Christ ; 5 car en lui vous êtes devenus riches de tout, de toute parole et de toute connaissance, 6 puisque le témoignage du Christ a été confirmé en vous. 7 Dès lors, il ne vous manque aucun don de la grâce, en attendant la révélation de notre Seigneur Jésus-Christ. 8 C’est lui qui vous affermira aussi jusqu’à la fin, pour que vous soyez sans reproche au jour de notre Seigneur Jésus-Christ. 9 Dieu est digne de confiance, lui par qui vous avez été appelés à la communion de son Fils, Jésus-Christ, notre Seigneur.
Paul était-il un manipulateur ?
On peut se poser la question quand on lit cette introduction très flatteuse pour une Église qui connaît des dissensions (1.10 à 4.21), un inceste non dénoncé (5.1-13), des procès entre frères (6.1-11), une fréquentation des prostituées sacrées (6.12-20), de l’ascétisme (7.1-40), des problèmes de conscience et de mauvaise compréhension de la liberté chrétienne (8 à 10), le rejet de la différenciation sexuelle (11.2-16), des désordres lors des rencontres de l’Église (11.17-34), une effervescence spirituelle mal contrôlée (12 à 14) et enfin (et surtout) la négation de la résurrection des corps (15) !
4 vérités
- Paul dit la vérité : La communauté de Corinthe est riche en parole, en connaissance, en dons spirituels et le témoignage de Jésus est bel et bien à l’œuvre parmi elle.
- Le problème, c’est que cette Église n’arrive pas à gérer son dynamisme ! Si l’on ajoute à l’effervescence spirituelle des différences sociales, de l’immaturité, des influences extérieures, cela donne un énorme bazar qui n’est plus trop à la gloire de Dieu. Même si Paul va reprocher à ces chrétiens leur manque de sagesse, il faut bien noter que derrière les problèmes il y a de nombreuses qualités.
- Paul a foi en Jésus : les versets 8 et 9 nous disent des choses très importantes sur la foi de Paul. Pour lui si Jésus a sauvé tous ces gens, c’est forcément pour qu’ils progressent. Autrement dit, il n’est pas défaitiste devant les nombreux défis qui se présentent à lui. C’est son travail d’exhorter les corinthiens mais il le fait en sachant que Jésus Lui-même les affermira.
- Jésus a toléré auprès de lui un équivalent des corinthiens : les 12 se sont souvent comportés comme des gosses égocentriques et stupides ! Jésus n’a pas choisi de former des gens du calibre de Saul de Tarse mais des gars comme Simon Pierre, marin pêcheur impulsif et trouillard ou les fils de Zébédée qui se prenaient pour Batman et Robin. La raison est sûrement la même que pour le choix d’Israël : des petits qui sont obligés de faire confiance à Dieu pour leur réussite et leur progression.
Ah ! Ces jeunes !
Les GBU/GBL sont composés de jeunes chrétiens pas toujours très bien affermis qui ont une foi parfois volatile, parfois explosive ou assez fragile et es équipiers pourraient parfois être tentés par le découragement ou l’irritation. Et dans ce cas, il est toujours bon de se rappeler que tout cela est totalement normal… parce que temporaire. Grâce à Leur Seigneur (et un peu grâce aux équipiers qui les forment) ces jeunes progresseront et, en attendant, on devra s’appuyer sur leurs nombreux dons et qualités déjà présents ! Je crois que si nous apprécions beaucoup la fraîcheur et le dynamisme des étudiants/lycéens, nous devrions aussi accepter leur impulsivité, leur superficialité, leur versatilité, leurs fragilités parce que c’est une contrepartie complètement naturelle de leur fraîcheur, volontarisme, créativité ou intelligence émotionnelle. Comme le disait mon ami l’ecclésiaste : « Pour tous les vivants, il y a de l’espoir. Un chien vivant vaut mieux qu’un lion mort. » (Ecc 9.4) Il faut quand même le dire : quand on ne fait rien, on ne risque pas de se tromper… mais on ne fait rien ! Alors que quand on est tout feu tout flamme on fait des erreurs mais on fait aussi des choses extraordinaires… et puis, on apprend la vie.
On se détend !
La question qu’il faut nous poser si nous avons dépassé l’âge béni des GBUssiens, c’est de savoir si nous avons conservé un peu la fougue et l’enthousiasme de ceux qui croient qu’avec Dieu tout est possible ou bien sommes-nous paralysés par la peur de l’excès ou de l’erreur qui nous couvrirait de honte ? De toute façon, il faut que nous gardions à l’esprit que nous avons les défauts de nos qualités : Vous êtes réactif et jovial ? Vous avez donc aussi tendance à dire trop de choses un peu excessives qui peuvent heurter les autres ! Vous êtes connus pour votre sagesse et pondération ? Vous ne serez peut-être pas la personne la plus courageuse pour bien réagir en cas de crise. Vous êtes doués pour la rigueur et la bonne organisation ? Vous aurez alors peut-être la tendance pharisaïque de prendre le pouvoir sur les autres en vous appuyant sur votre maîtrise des règles ! Ces exemples le montrent : même en maximisant ce que nous savons très bien faire, il y aura toujours des domaines plus faibles qui demanderont des progrès significatifs de notre part car il nous est impossible d’être bons et équilibrés partout. Prenons en conscience pour nous-mêmes, prenons en conscience pour les autres et… détendons-nous !
Alors oui, combattons le Péché et aidons nos frères et sœurs à progresser, mais en valorisant aussi ce que le Saint Esprit fait DÉJÀ en eux. L’exercice de « ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain » est subtile et difficile alors il faut absolument que Jésus nous aide à voir avec Ses yeux.




