Y a-t-il un Pilate dans l’avion ? Épisode I

L’entretien entre Jésus et le gouverneur romain qui est relaté par Jean (18.29-19.22) est intéressant à plus d’un titre. Dans ce premier article, intéressons-nous à sa structure.

Si tu es joueur, lis le passage dans ta Bible et essaie de dégager des éléments qui reviennent et se répondent. Si tu es moins joueur, tu peux utiliser l’image ci-dessous dans laquelle le travail est pré-mâché et découvre le rapport entre les différents blocs :

Tout d’abord, on peut remarquer deux enchainements de 4 séquences qui se répondent.

Un peu comme au théâtre, il y a un acte I avec ses 4 scènes auquel répond un Acte II lui aussi avec ses 4 scènes.

Dans le premier Acte, nous avons 3 scènes qui s’articulent autour du déplacement spatial de celui qui croit être le maître du jeu : Pilate. Dans les scènes 1 et 3, il parlemente avec les juifs, dans la 2 il s’entretient avec Jésus. La dernière scène est consacrée aux sévices subis par Jésus. Si tu es joueur, tu peux découvrir seul comment les scènes du second acte répondent au premier. Sinon, rendez-vous immédiatement à l’image suivante :

Sans grand suspens, on peut constater que l’Acte II répond parfaitement au précédent avec une montée en intensité de la part de la foule, de Pilate et qui se termine avec la scène 4 dans laquelle Jésus est cette fois-ci crucifié. On aurait peut-être même pu mettre les vv.23-24 dans cette dernière scène puisque les soldats qui jouent la tunique de Jésus répondent à ceux qui se sont moqués de lui dans l’Acte précédent. (mais il est aussi possible que ces versets introduisent une nouvelle section ” pour que l’Ecriture soit accomplie”)

Qu’est-ce qu’on fait de ça ?

Tout d’abord, on se dit que Jean a très bien construit sa séquence ! Ensuite, on peut se permettre un petit commentaire sur Étienne Langton, archevêque de Canterbury, qui a chapitré la Bible en 1226 : il s’est un peu raté en coupant en deux la péricope de la confrontation entre Jésus et Pilate ! Mais surtout, nous nous appuierons sur cette structure d’une part pour dégager les contraintes qui pèsent sur Pilate, ensuite pour discerner qui a réellement le pouvoir dans cette histoire et enfin pour rapprocher la situation du gouverneur de celle de nos responsables politiques. (au GBU on finit toujours par une application !)

À suivre…

Facebooktwittermail

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *