Top 5 des royaumes ennemis du peuple de Dieu

C’est pas facile d’être un petit peuple vulnérable au milieu de puissants voisins car, même protégé par Dieu, on n’échappe pas à la réalité géopolitique. Voici les 5 royaumes qui ont fait le plus de misères aux “élus”.

 

5. Philistins

XIème siècle avant notre ère. Les philistins, qui habitent l’actuelle bande de Gaza, ont un pays ruisselant de lait et de miel juste à côté de chez eux alors ils vont régulièrement y faire leur marché. C’est assez facile pour eux car ils maîtrisent le fer alors qu’en Israël on en est encore à l’âge du bronze. Sauf que les hébreux n’ont normalement pas besoin d’être au top de la technologie pour leur résister puisqu’ils ont l’arme absolue : l’Éternel. Aussi, quand ils crient à Lui, ils peuvent battre ces encombrants pillards avec des moyens aussi basiques qu’un aiguillons à boeufs (Chamgar en Juges 3.31), une machoir d’âne (Samson en Juges 15.15) ou bien une simple fronde (David face au géant Goliath en 1 Samuel 17.49). Par contre, quand ils s’écartent de la volonté du Seigneur, ils peuvent être asservis pendant 40 ans, voir leur roi se faire tuer (Saül en 1 Samuel 31) ou même carrément se faire voler l’arche de l’Alliance (1 Samuel 4-6 mais les philistins vont s’en mordre les doigts). On peut finalement se demander si la fonction principale de ce peuple mystérieux n’était pas de démontrer à ces ex-esclaves qu’ils ne pouvaient rien sans leur divin libérateur. À partir du règne de Salomon, le danger philistin devient beaucoup moins grand.

4. Syrie/Aram-Damas

Naaman est aussi célèbre en tant que lépreux qu’en tant que syrien (2 Rois 5). Mais quand on raconte sa guérison miraculeuse (et à distance) effectuée par Élisée, il faut toujours se rappeler que celle-ci est totalement anormale ! En effet, depuis sa séparation d’avec le royaume du sud (Juda), l’infidèle Israël est régulièrement menacée par son voisin du nord et il est très bizarre d’aider le général d’une armée ennemie. Mais le prophète va avoir une relation assez étroite avec ce royaume antagoniste : En plus de la guérison de Naaman, il va capturer une troupe entière de soldats (venue le capturer) pour finalement les faire relâcher (2 Rois 6), il va annoncer la levée (miraculeuse) du siège de Samarie par les syriens (2 Rois 7) et il sera chargé de oindre (= désigner) le futur roi Hazaël tout en pleurant à l’idée du mal que celui-ci fera à son peuple (2 Rois 8). Enfin, sur son lit de mort, il prédit à son roi Joas (grâce à un procédé assez particulier) qu’il reprendra aux syriens les villes conquises d’Israël (2 Rois 13). Mais le destin de Damas comme celui de Samarie est bientôt scellé : le danger vient du nord avec le puissant empire assyrien (capitale : Ninive). Les deux royaumes vont désormais devenir des alliés de circonstance pour résister au nouveau conquérant. Pourtant ils ne sont pas encore assez forts et ils vont vouloir former une grande coalition avec Juda… qui refuse. Il faudra donc attaquer Jérusalem afin de la forcer à contribuer aux efforts militaires : c’est la guerre syro-éphraïmite. Pour se sortir de ce guêpier, et malgré les appels au calme d’Ésaïe (chapitre 7), le roi Achaz de Juda va demander l’aide… des assyriens qui vont dévaster Damas et mettre fin au royaume de Syrie (et bientôt à celui d’Israël).

3. Assyrie

Quand Jonas refuse d’aller prêcher à Ninive, ce n’est pas à cause de la peur mais parce qu’il déteste l’empire assyrien ! Il faut dire que ce peuple conquérant ne plaisante vraiment pas. Les principaux souverains (Téglat Phalasar, Salmanasar, Sargon, Sennachérib, Assourbanipal : si vous voulez des prénoms originaux pour vos futurs bébés…) ont fait des massacres, des mutilations, des déportations de peuples leur marque de fabrique. Aussi, quand les assyriens envahissent peu à peu tous les royaumes et empires au nord du Proche Orient, tout le monde (comme Jonas ou Nahoum qui écrit un réquisitoire très violent à leur encontre) est irrité par cette tendance hégémonique qui menace dangereusement l’intégrité des tous petits royaumes d’Israël et de Juda. Ces craintes deviennent d’ailleurs assez vite réalité car, dans un premier temps, il faut leur payer un tribut (donc devenir leur vassal) puis, après quelques tentatives de révolte, subir leur courroux : les assyriens détruisent Samarie en 722 et font le siège (infructueux) de Jérusalem en 701. Mais derrière ces faits historiques se cache la souveraineté de Dieu qui décida de lâcher Israël l’infidèle et de sauver temporairement Juda l’à peu près fidèle (Ézéchias a été un bon roi). Quand on n’a plus de suzerain céleste, on est à la merci de ceux qui sont sur terre…

2. Babylone

Aussi redoutable fut-il, l’empire assyrien s’est auto-détruit à cause de problèmes de succession sur le trône et a permis au gouverneur de Babylone de tirer son épingle du jeu. Nabopalassar puis son fils Nabuchodonosor II font des babyloniens les nouveaux maîtres de la région en battant l’Égypte et en reprenant tous les royaumes soumis à leurs prédécesseurs. Pourtant Juda a envie de faire la grande et de jouer les tacticiennes : au lieu de faire confiance à Dieu (selon les conseils de Jérémie) pour la préserver, elle complote avec l’Égypte. L’idée est très mauvaise car après 2 déportations de l’élite du pays (605 et 595), Nabuchodonosor finit par raser Jérusalem et exiler une grosse partie du peuple à l’autre bout de l’empire (586). Là encore, comme c’était le cas pour les assyriens, Dieu était aux manettes. Il avait déjà dit via Jérémie que la fin de Juda la rebelle était actée et qu’il était inutile de lutter contre Babylone, poussant la provocation à appeler Nabuchodonosor (pas vraiment connu pour sa finesse et sa compassion) “mon serviteur” (Jérémie 25.9 et 27.6) ! Ce roi va d’ailleurs vivre des choses particulières avec Dieu puisqu’il va côtoyer Daniel qui nous dit que Dieu va l’humilier et lui donner un coeur d’homme (Da 7.4) après lui avoir donné un coeur de bête pour l’humilier (il s’est pris pour un boeuf, Da 5.21). En tout cas, après lui l’empire babylonien s’effondrera, laissant la place aux perses qui seront bien plus gentils avec le (reste du) peuple de Dieu.

1. Rome

À première vue, les romains ont été assez tolérants puisqu’ils avaient l’habitude d’intégrer les divinités des peuples qu’ils avaient conquis à leur panthéon. Ils savaient même s’adapter à chaque situation : comme les juifs étaient très très chatouilleux sur les questions du monothéisme et de leur temple,  ils ont respecté leur particularisme. Même du temps de Jésus, les évangélistes ont cherché à démontrer que Pilate a été moins coupable que les juifs (même si la crucifixion est un mode d’exécution typiquement romain).  Par contre, quand le christianisme s’est répandu dans le bassin méditerranéen en commençant à semer des graines de subversion parmi les citoyens, les femmes et même les esclaves, les choses se sont fortement gâtées. En effet, dire que tout le monde a une égale valeur ou que personne (même l’empereur) ne peut être adoré à part Dieu, c’est chambouler l’ordre normal de la société, c’est être un traitre. Résultat : interdiction de culte, arrestations, torture pour renier Jésus et adorer l’empereur et enfin toutes sortes de supplices dont le plus connu est bien sûr “servir de nourriture aux lions devant un public en liesse”. Mais il faut aussi citer le plus sadique avec le témoignage de Tacite : “On (Néron) fit de leur (les chrétiens) supplice un divertissement : les uns, couverts de peaux de bêtes, périssaient dévorés par les chiens; beaucoup, mis en croix, étaient lorsque le jour avait disparu, brûlés pour éclairer la nuit.” (Annales, XV, 44-45) Oui, vous avez bien lu ! Imaginez l’empereur Néron festoyer au crépuscule dans son grand jardin avec comme lampadaires… des chrétiens. Les persécutions contre les chrétiens vont durer par intermittences 2 siècles, la pire étant celle sous Dioclétien à la fin du IIIème siècle. Et puis l’empereur Constantin est devenu chrétien en 313, ce qui sonne la “revanche” du Seigneur de l’Univers sur ceux de cette terre. À partir de Théodose (fin du IV siècle) le christianisme va devenir la religion dominante dans l’Empire. Ainsi, après avoir été l’ennemi acharné du christianisme, Rome va en être le plus efficace promoteur !

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