Nahum 2.12-3.6 : Ça va saigner !

Si on regarde le monde, on peut avoir l’impression que le mal gagne face à Dieu. Qu’en penses-tu? 

Lecture Nahum 2.12-3.6

12 Où en est ce repaire de lions,
ce domaine des jeunes lions,
que parcouraient le lion, la lionne, le petit du lion,
sans qu’il y eût personne pour les troubler ?

13 Le lion qui déchiquette une proie pour ses petits,
qui étrangle pour ses lionnes
remplissait de proies ses antres,
de dépouilles ses repaires.

14 Je m’oppose à toi !
– déclaration du SEIGNEUR (YHWH) des Armées.
Je réduirai ses chars en fumée.
L’épée dévorera tes jeunes lions,
je retrancherai ta proie du pays,
et on n’entendra plus tes messagers.

3.1 Quel malheur pour la ville sanguinaire,
remplie de tromperie, pleine de violence !
Les proies ne lui font pas défaut…

2 Bruit du fouet,
grondement des roues :
les chevaux galopent,
les chars bondissent.

3 Assaut des chars,
flamboiement d’épée,
éclairs de lance :
multitude de victimes !
une masse de cadavres !
des morts à l’infini !
On trébuche sur les morts…

4 C’est à cause de toute la prostitution de la prostituée,
pleine de grâce, maîtresse en sortilèges,
elle qui vendait des nations par sa prostitution
et des tribus par ses sortilèges.

5 Je m’oppose à toi !
– déclaration du SEIGNEUR (YHWH) des Armées.
Je relèverai le bas de ta robe sur ton visage,
je montrerai ta nudité aux nations,
ton ignominie aux royaumes.

6 Je jetterai sur toi des horreurs,
je te rabaisserai
et je te donnerai en spectacle.

Structure littéraire connue

On pourrait commencer la lecture en prévenant, “Attention, âmes sensibles, s’abstenir”, mais nous pensons que toute la Bible devrait être lue, même les passages qui nous mettent parfois mal à l’aise. Si on regarde Na 2.12-14 et 3.4-6, on remarquera une construction identique. L’image qui sert de comparaison est présentée, pour ensuite avoir un constat de l’action de l’Empire, puis finit par la sentence que Dieu prononce à l’encontre de la ville. Au milieu de ces deux comparaisons on retrouve un message de malheur qui prend la forme d’une vision-événement. D’après les commentaires, il s’agit d’une forme littéraire que l’on retrouve dans les lamentations funéraires. En l’utilisant, Nahum veut dire que Ninive est comme morte. Revenons sur les comparaisons. Ces deux comparaisons sont l’occasion de se “moquer” de la ville de Ninive et de ce qu’elle représente. 

Deux comparaisons

Premièrement, la ville est comparée à un repaire de lions. Pourquoi le lion? Il faut savoir qu’il était l’emblème de la ville. Dans cette comparaison, il est question d’un lion puissant, qui avait des petits et des lionnes. Ce lion nourrissait sa famille des proies qu’il allait chercher. Le lion étranglait, déchiquetait pour elle. La question que pose le Seigneur est la suivante : qu’en reste-t-il?

Deuxièmement, la ville est comparée à une prostitué experte en sortilèges (v4) qui asservissait les autres nations. Ce qui est dénoncé ici, ce sont les idoles auxquelles l’Assyrie rendait des cultes et qui en faisait la promotion aux autres nations. Ce sont les peuples qui se sont prostitués avec les dieux assyriens. Il faut rappeler qu’à l’époque, politique et religion étaient très entremêlées. Ainsi, être soumis à un empire disait dans la pensée collective : “leur dieu est plus puissant que le mien”. Donc se soumettre à l’envahisseur, c’était également accepter ses dieux. 

Bye bye Ninive

Dans les deux cas, c’est la même sentence qui est rendue par le Seigneur des armées : “Je m’oppose à toi” (NBS) ou “Je m’en prends à toi” (BDS) (v14 et 5). Puis une sentence qui reprend les images de comparaison: l’Eternel videra le repaire de lion, il n’y aura pas de survivants. L’Eternel exposera la nudité de la prostituée, Ninive sera honteuse. 

Au milieu de ces deux sentences se trouve la vision-événement (3.1-3). “Malheur” ou “Quel malheur’ en sont les premiers mots. Mêmes mots que l’on retrouve en introduction d’un chant funèbre. On a l’impression d’y être et que tout se passe très vite et en même temps. Il y a une progression du bruit, qui semble assourdissant. A peine arrivée, le combat semble fini, et les morts s’entassent, il y en a partout.

Rien n’est trop puissant

Ok, jugement, morts… Et alors, qu’est ce que c’est censé dire au peuple qui écoute ? Eh bien que ce Dieu puissant et jaloux, qui prend soin de ceux qui placent en lui leur confiance, est plus fort que celui qui vous asservit actuellement. Non, ce n’est pas parce que vous êtes en exil, asservis à un empire colossal, que votre Dieu est faible… Votre Dieu est l’Eternel des armées, qui combat pour vous. Aucun grand de ce monde n’est trop grand pour le Seigneur des Armées. 

–> Ninive était LA ville imprenable, celle qui ne devait jamais tombée. Ici, l’Eternel annonce sa défaite. Comment ce texte nous aide-t-il à remettre en question notre conception de la puissance? 

–> Prends un temps pour prier pour les grands de ce monde, qu’ils aient l’humilité de se reconnaître dépendants du grand Dieu vivant. Prends un temps de prier pour toi-même. Que Dieu nous garde de nous comporter comme des grands dans ce monde.

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