Que se passe-t-il lorsqu’un dirigeant est jugé mauvais dans une démocratie ? Il doit laisser sa place, en général aux élections suivantes et dans les cas de faute grave (trahison, corruption…) il peut être destitué, notre constitution le prévoit. Il est remplacé par un autre, souvent d’un autre bord politique. Parfois il est poussé à la démission. Dans des dictatures, cette possibilité n’existe pas : soit le dirigeant reste en place au détriment du peuple, soit il est assassiné. Soyons heureux d’être en démocratie et d’avoir la possibilité de faire partir un dirigeant (le débat n’est pas de savoir si le suivant est mieux !). Mais dans le peuple d’Israël, comment est-ce que ça se passait ? On a vu dans notre premier texte que les dirigeants – prêtres, prophètes, bergers et spécialistes de la Loi – n’écoutaient pas Dieu, ce qui amène le peuple à se détourner de lui.
Jérémie 23.1 Quel malheur pour les bergers qui perdent et dispersent le troupeau que je fais paître ! – déclaration du Seigneur. 2A cause de cela, voici ce que dit le Seigneur, le Dieu d’Israël, contre les bergers qui font paître mon peuple : Vous avez dispersé mon troupeau, vous avez chassé les bêtes, vous ne vous en êtes pas occupés. Eh bien, moi, je vais m’occuper de vous à cause de vos agissements mauvais – déclaration du Seigneur. 3Je rassemblerai moi-même ce qui reste de mon troupeau, de tous les pays où je les ai bannis ; je les ramènerai dans leur domaine ; ils seront féconds et se multiplieront. 4Je nommerai à leur tête des bergers qui les feront paître ; ils n’auront plus peur, ils ne seront plus terrifiés, et il n’en manquera plus – déclaration du Seigneur.
5 Les jours viennent
– déclaration du Seigneur –
où je susciterai à David un germe juste ;
il régnera en roi et prospérera,
il agira dans le pays selon l’équité et la justice.
6 En ses jours, Juda sera sauvé,
Israël demeurera en sécurité ;
et voici le nom dont on l’appellera :
Adonaï-Tsidqénou (« YHWH est notre justice »).
7 C’est pourquoi les jours viennent – déclaration du Seigneur – où on ne dira plus : « Par la vie du Seigneur, qui a fait monter d’Egypte les Israélites ! » 8mais : « Par la vie du Seigneur, qui a fait monter les descendants de la maison d’Israël du pays du nord et de tous les pays où je les avais bannis, et qui les en a ramenés ! » Et ils habiteront sur leur terre.
9 Aux prophètes :
Mon cœur est brisé au dedans de moi,
tous mes os frémissent ;
je suis comme un homme ivre,
comme quelqu’un qui est emporté par le vin,
à cause du Seigneur, à cause de ses paroles sacrées.
10 Car le pays est rempli d’adultère ;
le pays est en deuil à cause de la malédiction,
les pâturages du désert sont desséchés.
– Ils courent au mal,
ils n’ont de courage que pour ce qui ne devrait pas se faire.
11 Prophètes et prêtres se livrent à la profanation ;
même dans ma maison j’ai trouvé le mal qu’ils font
– déclaration du Seigneur.
12 C’est pourquoi leur chemin sera glissant et obscur,
ils seront poussés et ils tomberont ;
car je ferai venir sur eux le malheur,
l’année où ils vont rendre des comptes,
– déclaration du Seigneur.
13 Chez les prophètes de Samarie
j’ai vu des choses choquantes :
ils ont fait les prophètes par le Baal,
ils ont égaré Israël, mon peuple.
14 Mais chez les prophètes de Jérusalem
j’ai vu des choses horribles :
ils sont adultères,
ils suivent le mensonge ;
ils encouragent les mauvais,
de sorte qu’aucun ne revient de son mal ;
ils sont tous à mes yeux comme Sodome,
et les habitants de Jérusalem comme Gomorrhe.
15 A cause de cela, voici ce que dit le Seigneur (YHWH) des Armées contre les prophètes :
Je vais les nourrir d’absinthe
et leur faire boire de l’eau empoisonnée ;
car c’est par les prophètes de Jérusalem
que la profanation s’est répandue dans tout le pays.
Les mots compliqués :
v.15 : absinthe : une plante dont on tirait un breuvage toxique.
// Destitués par Dieu
V.1, le ton est annoncé : « malheur pour les bergers ! » cette formule annonce un jugement dans la Bible. Dieu prévient : « je vais m’occuper de vous » (v.2), autrement dit, ils vont passer un sale quart d’heure.
Leurs torts ? Ils ne font pas ce qu’ils sont censés faire : s’occuper des gens. L’image du berger résume leur rôle : guider, veiller à la nourriture, à la sécurité et à la santé des brebis, et à la cohésion du troupeau. Et eux, que font-ils ? « Ils perdent, dispersent », pire encore ils « chassent les bêtes » et les délaissent (v.1-2). Cela montre qu’ils ne se préoccupent ni de Dieu qui leur a confié une noble tâche, ni des gens qui constituent le peuple. Ils auraient dû eux-mêmes suivre Dieu, prendre sa parole au sérieux et guider le peuple dans l’obéissance. Car de l’obéissance aux bonnes instructions de Dieu découle un « bien-être » : le salut, la paix de l’âme et de l’esprit, les besoins comblés, on évite de faire de grosses bêtises, etc. Bien sûr, le peuple lui-même peut se tourner vers Dieu. Jérémie qui reste fidèle est un bon exemple. Mais les dirigeants ont été institués pour parler au peuple de la part de Dieu. Les v.9 à 14 détaillent leurs fautes : adultère (soit cela veut dire qu’ils trompent littéralement leurs femmes, soit c’est une image pour l’idolâtrie), mensonge, profanation dans le temple (c’est-à-dire : aucun respect du caractère sacré du culte à Dieu ; par exemple, ramener des animaux impurs, y adorer d’autres dieux).
Leurs sanctions ? Leurs agissements sont graves ! Dieu utilise des mots forts pour évoquer sa réaction (v.9). Ils ont trompé Dieu et égaré le peuple. Par conséquent :
– ils ne s’occuperont plus du peuple (v.3 et suivants)
– ils vont subir un jugement (v.12, v.15). Jérusalem va être assiégée, pillée et détruite, et le peuple, notamment ses élites, sera emmené en captivité chez les ennemis voisins, le peuple babylonien.
// Le bon berger
v.3 et 4 : Dieu explique ce qu’il va faire à son peuple. Déjà, le soustraire à ces bergers qui ne prennent pas leurs responsabilités. Ensuite, les rassembler (les mauvais bergers les avaient dispersés), les rassembler en un point sécurisé où le troupeau va reprendre force, vigueur et vie. Puis, les confier à d’autres qui vont les restaurer. Dieu continue, aux v.5 et 6, en en disant plus sur l’identité d’une personne (comme il vient d’expliquer que la charge du troupeau allait être confiée à d’autres, on peut comprendre qu’il nous dresse le portrait d’un berger digne de la tâche, digne de Dieu, qui ne faillira pas). Il sera roi, de la lignée du roi David, un roi juste, exactement l’inverse des descendants de David qui ont mené le pays à l’état de désolation que dénonce Jérémie. D’ailleurs, Dieu insiste sur la notion de justice, puisque ce roi sera nommé « YHWH est notre justice ». Et c’est cette justice qui sera la garantie du salut et de la sécurité. Mais qui est ce roi ? À l’époque c’était un vrai ministère, pour nous 2600 ans plus tard (environ), c’est un vrai faux spoiler 😂
300 ans avant Jérémie, le roi David avait la conscience que pour lui en tant que roi, « l’Éternel [était] son berger » (Ps 23.) Quelques 6 siècles plus tard, un descendant de David déclare : « je suis le bon Berger. Je suis venu pour que mes brebis aient la vie, et qu’elles l’aient en l’abondance. » (Jean 10.10-11). Tu l’as reconnu, ce bon berger, c’est Jésus-Christ. Quand Jésus prononce ces paroles, il le fait à l’encontre des mauvais dirigeants du peuple qu’il compare à des voleurs qui viennent faire du mal aux brebis. C’est lui, le roi de justice, car il accomplit la justice de Dieu : le péché doit être puni. Il assure ainsi notre justice : le Seigneur nous déclare justes. Nous échappons à son jugement, celui que nous aurions dû subir pour nos fautes. Ce salut est sûr car il dépend de Christ, et non pas de notre mérite ou de nos bonnes œuvres. Nous sommes en sécurité. Et plus de nous offrir la vie après la mort, Jésus nous offre la Vie, celle avec un grand V, dès lors que nous lui confions notre vie : il nous restaure, nous guérit et nous relève.
>>> Des questions pour toi
- Tu es une petite brebis (dans la Bible, être une brebis n’est pas une image négative ; cela montre notre dépendance, notre besoin d’être guidé, nourri). Mais quelle brebis es-tu ? Te sens-tu errante et égarée, ne sachant pas te repérer dans la vie ? Ce monde peut paraître hostile et incertain : se conformer à une image, à des codes qui ne sont pas forcément bienveillants. Un avenir chaotique, entre guerres, menaces de conflits, catastrophes climatiques. Il y a des bergers malveillants et dangereux, qui veulent nous amener vers davantage de pression ou d’incertitudes. Et puis il y a le Bon berger. Celui qui est stable, celui qui procure la paix, celui qui nous donne une identité, celui qui assure notre vie éternelle.
- Qui veux-tu suivre ?
- D’autre part, les mauvais bergers dénoncés dans notre texte étaient des prophètes et des spécialistes de la loi de Dieu. Le peuple leur faisait peut-être confiance, mais s’ils avaient vraiment connu le Seigneur eux-mêmes, ils auraient bien vu qu’ils ne se conformaient pas à la volonté de Dieu.
- Que peux-tu faire pour t’assurer que le berger que tu suis se conforme à la voix de Dieu ? Si tu as un modèle, quelqu’un que tu admires, ce n’est pas forcément mauvais. Il y a le Bon berger, et des « petits bergers », de bons modèles. Et il faut sans cesse les comparer au Bon berger. S’ils en sont le reflet, s’ils te mènent à lui, tu peux les suivre. Si leur message, leur comportement ne reflète pas Christ, tu peux les oublier.
- Prends quelques instants pour réfléchir à quelqu’un que tu admires. De qui est-il/ est-elle le reflet ?




Prophétie de noël : Ézéchiel 34