Les hérésies christologiques

Jésus est-il plus humain que divin ? Le contraire ? Un peu des deux ? Il a fallu 4 siècles pour que les théologiens affinent les doctrines concernant l’identité de Jésus. Voici les principales hérésies qui ont été proposées avant qu’on puisse écrire une ultime confession de foi qui définisse la bonne manière de comprendre l’identité de Jésus-Christ.

Jésus est 100% Dieu et 100% Homme. Cela fait de lui le meilleur médiateur possible pour réconcilier Dieu et ses créatures. Mais tout le monde n’a pas toujours compris les choses de cette manière, privilégiant son côté humain ou au contraire son côté divin. Grâce au schéma ci-dessous, vous pourrez appréhender rapidement les principales fausses routes à propos de l’identité de Jésus, ainsi que sa meilleure formulation (orthodoxe) au milieu :

Sur ce schéma, l’antagonisme entre l’Ébionisme (à gauche) et le Docétisme (à droite), hérésies des 2 premiers siècles, est évident. Celui entre le Nestorianisme et le Monophysisme (côte à côte) l’est beaucoup moins ! Pour l’expliquer, il faut parler du concile de Calcédoine (dont le texte est au milieu du schéma)… alors autant parler de celui d’avant qui est aussi super important !

Concile de Nicée en 325 (puis Constantinople en 381)

Cette assemblée de théologiens a affirmé que Jésus-Dieu le Fils est de même nature que le Père, ils sont consubstantiels. Cela veut dire que Jésus n’est pas subordonné, inférieur au Père, encore moins sa super créature (comme le pensent les témoins de Jéhovah). Cette position claire sur la pleine divinité de Jésus vient combattre une hérésie qui était devenue majoritaire dans l’empire romain : l’Arianisme (du nom de son fondateur : Arius, prêtre d’Alexandrie).

Le concile de Constantinople est ensuite venu confirmer les affirmations de Nicée en y ajoutant quelques lignes sur le Saint Esprit dont la divinité avait été contestée entre temps (par les Pneumatomaques). Cela aboutit au très célèbre Credo (ou symbole des apôtre) :

Je crois en un seul Dieu, le Père tout puissant,
créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible,
Je crois en un seul Seigneur, Jésus Christ,
le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles :
Il est Dieu, né de Dieu,
lumière, née de la lumière,
vrai Dieu, né du vrai Dieu
Engendré non pas créé,
consubstantiel au Père ;
et par lui tout a été fait.
Pour nous les hommes, et pour notre salut,
il descendit du ciel;
Par l’Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie, et s’est fait homme.
Crucifié pour nous sous Ponce Pilate,
Il souffrit sa passion et fut mis au tombeau.
Il ressuscita le troisième jour,
conformément aux Ecritures, et il monta au ciel;
il est assis à la droite du Père.
Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts
et son règne n’aura pas de fin.
Je crois en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie;
il procède du Père et du Fils.
Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire;
il a parlé par les prophètes.

Je crois en l’Eglise, une, sainte, catholique (c’est à dire universelle !) et apostolique.
Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés.
J’attends la résurrection des morts, et la vie du monde à venir.

Amen

Conciles d’Éphèse (431) et de Chalcédoine en (451)

50 ans plus tard, le concile d’Éphèse vient condamner les thèses de Nestorius (fondateur du Nestoriasnisme) qui voyait Jésus comme une sorte de schizophrène agissant soit en tant que Dieu, soit en tant qu’homme (faillible) mais jamais les 2 à la fois.

20 ans après, le concile de Chalcédoine confirme la condamnation du Nestorianisme mais vient aussi traiter son antithèse, le monophysisme qui voit Jésus comme une sorte d’alien dont la nature humaine est absorbée par sa nature divine. Cela aboutit à l’affirmation du dyophysisme, c’est-à-dire les deux natures du Christ, vrai Dieu et vrai homme, parfait dans sa divinité comme dans son humanité :

Suivant donc les saints pères, nous enseignons unanimement que nous confessons un seul et même Fils, notre Seigneur Jésus Christ, le même parfait en divinité, et le même parfait en humanité, le même vraiment Dieu et vraiment homme (composé) d’une âme raisonnable et d’un corps, consubstantiel au Père selon la divinité et le même consubstantiel à nous selon l’humanité, en tout semblable à nous sauf le péché, avant les siècles engendré du Père selon la divinité, et aux derniers jours le même (engendré) pour nous et notre salut de la Vierge Marie, Mère de Dieu selon l’humanité,
Un seul et même Christ, Fils, Seigneur, l’unique engendré, reconnu en deux natures, sans confusion, sans changement, sans division et sans séparation, la différence des natures n’étant nullement supprimée à cause de l’union, la propriété de l’une et l’autre nature étant bien plutôt gardée et concourant à une seule personne et une seule hypostase, un Christ ne se fractionnant ni se divisant en deux personnes, mais un seul et même Fils, unique engendré, Dieu Verbe, Seigneur Jésus Christ, selon que depuis longtemps les prophètes l’ont enseigné de lui, que Jésus Christ lui-même nous l’a enseigné, et que le Symbole des pères nous l’a transmis.

Résumons avec des schémas

La vision orthodoxe selon Chalcédoine, puis les hérésies :

Pour aller plus loin : Les hérésies concernant la Trinité

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