Est-ce que tu as de jeunes enfants dans ton entourage ? Un petit frère, une petite sœur, un cousin, une cousine, des enfants à l’église, des voisins ? Est-ce que tu as déjà vu un petit enfant courir se cacher pour ne pas obéir ? Ou répondre « non, je joue ! » quand ses parents lui demandent de ranger, aller se laver les dents ou passer à table ? Que se passe-t-il ? Le parent répète une fois, 2 fois, prévient… puis va chercher son enfant, l’attrape et l’emmène au bon endroit ! Le désir d’autonomie du tout petit est réduit à néant. Il pensait pouvoir s’opposer à ses parents, mais un tyran en couches-culottes reste toujours plus petit et moins fort qu’un adulte ! Et bien, tu peux comparer le peuple d’Israël à un enfant désobéissant.
Le passage d’aujourd’hui est un peu long. Si tu le sens, tu peux tout lire dans ta Bible. Ici, je vais te faire un résumé puis surtout me concentrer sur les versets 19 à 27.
// Résumé des épisodes précédents
Dieu redit que le peuple a péché et que cela va avoir une grosse conséquence : la domination par un pays voisin (et païen), et la déportation (v.1-4). Le problème, c’est qu’en abandonnant le Seigneur, le peuple compte sur les humains : eux-mêmes, les autres, pour combler leurs besoins. A l’inverse si le peuple se confiait en Dieu, le bénéfice serait grand ! (vv.5-8) Dieu rappelle enfin qu’il connait les cœurs et qu’il rétribue selon nos actes (vv.9-13).
Quant aux vv.19-27, tu vas vite te rendre compte de la thématique principale : le (non) respect du sabbat.
19 Ainsi m’a parlé le Seigneur : Va, et tiens-toi à la porte des gens du peuple, par laquelle les rois de Juda entrent et sortent, et à toutes les portes de Jérusalem. 20Tu leur diras : Ecoutez la parole du Seigneur, roi de Juda et tout Juda, et vous tous, habitants de Jérusalem, qui entrez par ces portes !
21 Ainsi parle le Seigneur : Prenez garde à vous-mêmes ; ne portez pas de fardeau le jour du sabbat et n’en introduisez pas par les portes de Jérusalem. 22Ne sortez pas de fardeau de votre maison le jour du sabbat et ne faites aucun ouvrage ; faites du sabbat un jour sacré, comme je l’ai ordonné à vos pères. 23 Ils n’ont pas écouté, ils n’ont pas tendu l’oreille ; ils se sont montrés rétifs, refusant d’écouter et de recevoir l’instruction. 24Si vous m’écoutez vraiment, – déclaration du Seigneur – si vous n’introduisez pas de fardeau par les portes de cette ville le jour du sabbat, si vous faites du sabbat un jour sacré, si vous ne faites aucun travail ce jour-là, 25 alors entreront par les portes de cette ville des rois et des princes ; ils seront assis sur le trône de David, ils monteront sur des chars et des chevaux, eux et leurs princes, les hommes de Juda et les habitants de Jérusalem, et cette ville sera habitée pour toujours. 26 On viendra des villes de Juda et des environs de Jérusalem, du pays de Benjamin, du Bas-Pays, de la montagne et du Néguev, pour apporter des holocaustes, des sacrifices, des offrandes et de l’encens, pour apporter des sacrifices de reconnaissance à la maison du Seigneur. 27 Mais si vous ne m’écoutez pas, si vous ne faites pas du sabbat un jour sacré en ne portant aucun fardeau, en n’entrant pas par les portes de Jérusalem le jour du sabbat, alors je mettrai le feu aux portes de la ville, il dévorera les palais de Jérusalem et ne s’éteindra plus.
// Le sabbat, c’est quoi ?
Le mot hébreu signifie « repos » ou « cessation ». Dans les 10 commandements qui ont été donnés à Moïse (en Exode 20), Dieu demande à son peuple 2 choses : 1) ne pas travailler ce jour-là, et 2 )d’en faire un jour consacré à Dieu. C’est un jour de repos strict, hebdomadaire. La raison de ce jour, c’est que Dieu lui-même s’est arrêté de créer pour se « reposer ». Le rythme que le Seigneur a adopté, il nous demande de l’adopter (sache que les 10 commandements sont toujours valables aujourd’hui, car ils manifestent l’amour pour Dieu et l’amour pour les autres, ce qui est toujours valable !). Le sabbat, c’est le repos et la satisfaction. Repos après le labeur, satisfaction du devoir accompli. Mais c’est aussi un jour consacré à Dieu. Si on ne travaille pas, on a du temps pour (notamment) se réunir et profiter de la présence de Dieu.
// Le(s) problème du peuple(s)
Le problème du peuple, c’est que le sabbat, ils s’en moquent un peu. Le jour du sabbat est un jour comme un autre, ils travaillent. Pourquoi c’est grave ?
- Ils agissent comme des païens qui n’ont pas les commandements de l’Alliance, et c’est comme s’ils montraient que YHWH n’est pas leur Dieu. Ils refusent de lui consacrer du temps ! « Désolé YHWH … Je crois que tu es le créateur, j’te fais 2-3 sacrifices histoire de dire que je suis un bon juif, mais ne m’en demande pas plus ! »
- Ils n’écoutent pas Dieu. L’écoute est une thématique très présente dans ces quelques versets : le peuple est appelé à écouter (v.20, 24) et le reproche qu’il leur est fait est de ne pas avoir écouté (v.23), et de s’être obstiné dans cette attitude.
- en agissant ainsi, en cherchant à évacuer Dieu de leurs vies, ils ne s’appuient plus sur lui et ils s’appuient immanquablement sur eux-mêmes, sur leurs propres ressources, leur intelligence… plus d’une fois la parole de Jérémie le prophète a été bafouée, et en attendant… le peuple ne savait pas quelle attitude adopter face au danger grandissant ! Alors que s’ils avaient écouté Dieu, ils auraient connu le repos, la tranquillité d’esprit, la paix.
- Le truc, c’est qu’on ne peut pas totalement éliminer Dieu de sa vie : il continue à être Dieu et il continue à régner. Et il s’apprête à le leur rappeler d’une manière pas très agréable, par un jugement :
« Je mettrai le feu aux portes de la ville, il dévorera les palais de Jérusalem et ne s’éteindra plus » (v.27 et aussi v.4, si tu as lu tout le chapitre). C’est littéralement ce qu’il s’est passé par la suite : Jérusalem a été assiégée et démolie, et le peuple amené en déportation à Babylone (le début du livre de Daniel raconte ça, par exemple)
// L’intérêt du peuple
L’intérêt du peuple, c’est d’écouter Dieu :
- déjà, obéissance = on échappe au jugement et on goûte à la gloire de Dieu, car ça veut dire que les ennemis sont vaincus et reconnaissent que YHWH est le plus fort (v.25-26). Mais c’est bien plus que cela.
- celui qui obéit à Dieu va automatiquement placer sa confiance en lui. Car c’est ce que Dieu demande. Non pas parce qu’il a un égo surdimensionné, mais parce qu’il SAIT ce qui est bon pour nous : il nous a créés, il nous connait par cœur ! Il est aussi tout-puissant. « Il fait tout ce qu’il veut » (Ps 115). Se confier en lui, c’est avoir accès à toutes ses ressources ! Il était capable de libérer Israël d’un claquement de doigts !
- C’est vivre le repos ; hé oui, quand tu comptes sur les ressources de Dieu, que se passe t-il ? Tu n’es pas forcément délivré de tes soucis, mais tu en es déchargé. Plus d’une fois Dieu invite son peuple à lui faire confiance, à arrêter de s’agiter et à le laisser agir. Car quand on s’agite, on ne vit pas le repos. Ce n’est pas pour rien que Dieu cite précisément le sabbat. Pourquoi d’ailleurs ce commandement et pas un autre ? Parce qu’il est représentatif de l’attitude d’Israël : il refuse de consacrer du temps à Dieu, et il passe à côté du repos. Parce que la chute de Jérusalem et la déportation, ça va être un traumatisme à l’échelle nationale.
Jésus reprend à son compte que le fait de lui obéir amène du repos. Dans le contexte, le repos de l’âme. Il ne parle plus de jugement, car le jugement, il l’a subi à la croix. Mais l’invitation est là.
Venez à moi, vous tous qui peinez sous la charge ; moi, je vous donnerai le repos. Prenez sur vous mon joug et laissez-vous instruire par moi, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. Car mon joug est bon, et ma charge légère.
Matthieu 11.28-29
Des questions pour toi :
Il y a des conséquences au fait d’ignorer Dieu et de ne pas lui consacrer du temps : comme le peuple, c’est passer à côté du repos qu’il offre. Le repos du salut (pas besoin d’accomplir plein de rites ou de faire plein de trucs pour être sauvé), le repos dans l’épreuve (Dieu a la capacité d’agir : sur les circonstances, et/ou dans ton cœur pour t’aider à affronter), le repos de savoir que le monde ne court pas à sa perte dans un climat d’anxiété…
- est-ce que tu te consacres à Dieu ? Est-ce que tu lui dégages du temps, est-ce que tu arrives à mettre de côté les activités, ton téléphone, tes amis, les réseaux, à faire silence pour passer du temps avec Dieu, lui confier ta vie ? Si oui, pourquoi, sinon, pourquoi ?
- Est-ce que tu te sens dans le repos, ou est-ce que tu penses que tu aimerais l’expérimenter ? Tu peux parler avec un équipier GBL/GBU si tu penses que ça manque à ta vie !




Samson, épisode 2 : il s’engage dans une voie dangereuse… mais reste-t-il maître de la situation ?